27 mai 2009
Programme Juin 2009
Vous pouvez télécharger le programme de juin 2009 en cliquant sur la miniature almodovarienne ci-dessous :
L'avis des Montreurs
L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais (France / 1961)
En 1961, on ne faisait pas la différence entre le cinéma grand public qui projetait Mon curé champion du régiment du cinéaste bordelais Emile Couzinet et l'Art-et-Essai. On allait au Gallia, au Florida voir aussi L'Année dernière à Marienbad. Quand on était collégien, lycéen, on ne sélectionnait pas les films pour jeunes ou vieux... Encore que, précisément, L'Année dernière à Marienbad apparaissait d'une furieuse modernité. Un noir et blanc glacé, pas d'histoire, un texte énigmatique, des personnages figés dans une sorte d'amnésie collective... On restait fascinés, on sortait dubitatifs ou enflammés, mais on se souvient encore des images... C'est resté un film culte.
Alain Resnais était connu pour Nuit et Brouillard et son premier long métrage Hiroshima mon Amour. Il reçut le Lion d'Or de la Mostra de Venise. Il a présenté Les Herbes Folles au Festival de Cannes 2009.
(Michel Pujos)
Trouble in Paradise / Haute Pègre d'Ernst Lubitsch (Etats-Unis / 1932)
Le sommet de ce qu'on a appelé la "Lubitsch Touch", sommet de la comédie sophistiquée dans laquelle désir de richesse et désir sexuel sont dans tous les esprits mais n'apparaissent à l'écran que de manière allusive et ironique.
"Du seul point de vue du style, je pense n'avoir rien fait de meilleur, ou d'aussi bon, que Haute Pègre" écrit Ernst Lubitsch dans une lettre adressée au critique Herman C. Weinberg.
Comment ridiculiser le "Code Hays", établi en 1930 par lé sénateur William Hays, dont la femme déclarera après leur divorce qu'il avait toujours cru que le nombril était le sexe féminin (cf. le Nombril Bar dans Kiss me Stupid de Billy Wilder) ? Une femme allongée sur son lit, un homme se présente à la porte de la chambre, son ombre projetée par la lumière de la pièce d'à côté la recouvre. C'est tout simple. Un bijou amoral. Un régal.
(Michel Pujos)
Les Animations des Montreurs
Vendredi 12 juin, 20h30 - C'est dur d'être aimé par des cons
A l'issue du documentaire C'est dur d'être aimé par des cons, réalisé par Daniel Leconte, qui suit le procès intenté à Philippe Val, patron de Charlie Hebdo, pour avoir reproduit les douze caricatures danoises ayant déclenché la colère des musulmans aux quatre coins du monde, une conférence sera animée par Urbs, dessinateur caricaturiste habitué des Montreurs (il suit le festival Mars Attac depuis plusieurs années, ses dessins peuvent être consultés dans les divers albums photos du site).
Intitulée Tu la sens ma liberté d'expression ?, cette conférence reviendra sur quarante histoires de censures, petit tour non exhaustif de cas malheureusement authentiques issus des mondes de la presse, de l'édition, du cinéma...
Vendredi 19 juin, 20h30 - Soirée Spéciale "Amis des Montreurs d'Images"
Projection / Débat autour du film No Popcorn on the Floor, en partenariat avec l'Association des Amis des Montreurs d'Images et en présence de Ramuntxo Garbisu (ancien directeur du cinéma indépendant l'Atalante à Bayonne et protagoniste du film - sous réserve).
La soirée sera notamment consacrée à la situation des cinémas indépendants en France, un pot sera offert à l'issue des débats. Le documentaire No Popcorn on the Floor, réalisé par Gaël Mocaër, nous plonge pendant un an dans les coulisses du seul cinéma indépendant de Bayonne, l'Atalante. Chronique drôlatique de la vie de cette salle pas ordinaire, qui tente de résister encore et toujours à l'envahisseur...
01 mai 2009
Programme Mai 2009
Vous pouvez consulter le programme de Mai 2009 en cliquant sur la miniature ci-dessous :
A signaler, au sein de cette programmation, la présence d'une "mini rétrospective" consacrée à Hayao Miyazaki à l'occasion de la sortie de son nouveau film Ponyo sur la falaise : les films Kiki la petite sorcière (dont le présentoir vous "observe" depuis quelques années dans le hall des Montreurs) et Le Château Ambulant seront présentés dans la première quinzaine de mai dans la "case" Jeune Public et nous vous recommandons vivement de (re)découvrir ces petites perles du cinéma d'animation !
L'avis des Montreurs
S21 la Machine de Mort Khmère Rouge de Rithy Panh (France / 2004)
Il y a deux films majeurs dans l'histoire du cinéma traitant de camps d'extermination : Nuit et Brouillard d'Alain Resnais et S21, la Machine de Mort Khmère Rouge. Aucun des deux ne montre des images filmées de l'horreur, tous deux filment les lieux des atrocités plusieurs années plus tard, lieux poignants et vides.
L'originalité du film de Rithy Panh est la rencontre, la confrontation entre les anciens bourreaux, toujours impunis au moment du tournage, et les quelques rescapés. Dans Oncle Rithy, le film de Jean-Marie Barbe [présenté aux Montreurs], Rithy Panh explique pourquoi il fallait que la caméra reste hors de la salle vide dans laquelle un ancien bourreau mime les gestes quotidiens de l'horreur. On ne peut contempler ces souvenirs qu'à travers une barrière qui rappelle que ce qui est évoqué est du domaine de l'indicible.
Un chef d'oeuvre !
(Michel Pujos)
Z32 d'Avi Mograbi (Israël)
Le film, entre documentaire et installation, traite à peu près le même sujet que Valse avec Bachir, se concentrant davantage sur le thème de la culpabilité et de la quête du pardon. Le réalisateur, en partant d'une histoire singulière, en actualisant les procédés du théâtre grec, donne au sujet une portée universelle, recoupant toute une série de thèmes : les rapports de soi aux autres, les différences homme-femme, le problème moral du réalisateur lorsqu'il utilise la souffrance pour faire son oeuvre...
Un film très fort. N'hésitez pas à lire, avant la projection, l'interview d'Avi Mograbi qui se trouve sur la fiche-film : sa lecture préalable ne déflore pas le film, à mon avis.
(Michèle Pujos)
24 City de Jia Zhang Ke (Chine)
J'ai vu 24 City en octobre dernier dans un festival, à Auch dans le Gers. Un matin si je me souviens bien. J'ai horreur des projections le matin. Ce n'est pas naturel d'aller au cinéma le matin. Entrer dans une salle de cinéma quand il fait jour, passe encore. Mais un jour déclinant, apaisé, en pente douce, un jour qui contiendrait les promesses de la nuit.
J'étais donc de mauvaise humeur et déterminé à m'endormir si la projection tournait mal. Mais celle-ci, celle de 24 City le samedi 18 octobre à Auch, le matin, était un rêve. Un rêve d'élégance. Elegance des personnages, des paysages industriels autour, des cadrages, des mouvements de caméra, élégance de la pureté des lignes, des éclairages, des gouttes d'eau qui glissent sur une vitre. Elégance des témoignages, sobres et sincères. Elégance d'un procédé aussi, que l'on comprend peu à peu, tout doucement, en gardant profond dans la gorge un point d'incertitude (chez moi, l'incertitude se trouve au fond de la gorge, en remontant un peu). Parce qu'on comprend bien au bout d'un moment que tout est trop parfait pour être pris sur le vif, que cette ouvrière qui parle d'une actrice chinoise de cinéma, c'est bien d'elle-même qu'elle se souvient. D'elle dans la Chine maoiste, mais d'elle-même. La Chine a changé plus vite qu'elle, qui est restée très belle.
Ces personnages, réels ou rêvés, racontent leur vie à Chengdu, de leur vie à l'usine 420 de Chengdu, usine qui disparaît sous nos yeux, le temps du film. Pendant que des Chinois de l'usine 420 de Chengdu nous racontent leur ancienne vie dans la Chine maoiste. Ce film est délicat, subtil et raffiné. C'est un rêve de documentaire.
(Philippe Stellati)
Les Animations des Montreurs
8 mai, 18h15 - Une histoire du tango
En partenariat avec l'association agenaise de tango Tangueando, une démonstration de tango précédera la projection du documentaire de Caroline Neal qui permet de découvrir les artistes prédominants du tango que sont Di Sarli, Troilo, Pugliese, D'Arienzo, Gobbi, Salgan et Piazzolla tout en levant partiellement le voile sur leurs secrets d'interprétation.
9 mai - Cambodge, 30 ans après : le Procès des Khmers Rouges
Les deux projections de 18h15 et 21h du samedi 9 mai seront consacrées au Procès des Khmers Rouges qui se tient actuellement au Cambodge, à Phnom Penh, en partenariat avec Ecrans 47, tout d'abord par la projection du documentaire Cambodge 80, qui sera suivi par un débat avec son réalisateur, Lucas Vernier.
A 21h, nous vous présenterons le documentaire de Rithy Panh S21, la Machine de Mort Khmère Rouge, qu'il a réalisé en 2002. Ce documentaire revient sur la politique d'élimination systématique orchestrée par les Khmers Rouges entre 1975 et 1979, et plus particulièrement sur le S21, principal "bureau de la sécurité" du régime, où 17 000 prisonniers ont été torturés et exécutés. "Ma manière d'assumer ma part de travail de mémoire, c'est de parler et donner la parole aux témoins du génocide, victimes et bourreaux. Je veux croire que chaque témoignage est une petite pierre qui contribue à édifier un rempart contre la menace toujours possible, ici et ailleurs, du retour de la barbarie", explique Rithy Panh pour éclairer sa démarche dans ce film. Cette séance de 21h sera suivie d'un débat avec Raoul Marc Jennar, consultant auprès de l'ONU pour les chambres extraordinaires dans les tribunaux cambodgiens, notamment pour le procès de Douk.
En janvier, les salles d'Ecrans 47 ont présenté en sortie nationale le dernier film de Rithy Panh, Un Barrage contre le Pacifique, en partenariat avec l’Association Marguerite Duras. Plus de neuf cents Lot et Garonnais ont pu ainsi voir l’adaptation du roman de Marguerite Duras. S21 constitue un autre aspect de l’oeuvre du plus grand cinéaste cambodgien. Ce documentaire, outre les Montreurs, sera projeté dans cinq salles du département. Dans le document ci-dessous édité spécialement par Ecrans 47, vous trouverez les horaires des différentes projections organisées, les intervenants concernés par chacune de ces projections, une présentation de Rithy Panh et de son film ainsi qu'une chronologie du Cambodge :
15 mai, 21h - Journée Aquitaine Nature
Le vendredi 15 mai à 21h, les Montreurs s'associent à la Journée Aquitaine Nature - Cinénature en partenariat avec l'Association des Cinémas de Proximité en Aquitaine et Expansial, en programmant le documentaire L'Aquitaine quelques degrés plus tard de Morad Ayt Habouche et Hervé Corbière.
L’Aquitaine est en danger. Dans un peu moins d’un siècle, les températures y auront augmenté de 4 à 6 degrés. Plus que n’importe où en France… Ce phénomène, lourd de conséquences pour l’environnement et l’économie du Sud-Ouest, est déjà en marche. La canicule de 2003 deviendra-t-elle bientôt ici la norme ? Si rien n’est fait, sécheresses et incendies se multiplieront, tempêtes et inondations s’intensifieront.
Morad Aït-Habbouche et Hervé Corbière ont enquêté en Aquitaine afin d’évaluer l’ampleur du problème. Pour cet état des lieux, ils se sont rendus dans le bassin d’Arcachon, dans le vignoble bordelais, au coeur du Pays Basque et dans les Pyrénées. Ils y ont rencontré des personnes qui connaissent bien leur pays ainsi que des spécialistes de l’environnement. Tous ont expliqué les dérèglements qu’ils ont déjà pu constater.
Afin de se pencher sur ces signes alarmants, la séance sera suivie d'un débat avec Jean-Louis Bergey (Délégué régional de l'ADEME), Christelle Pezet (Chargée d'étude à la Frayère d'Alose) & Jean-Louis Molinié (Directeur d'étude à la Frayère d'Alose).
19 mai, 20h30 - Ne me libérez pas, je m'en charge
Ancien braqueur fiché au grand banditisme, Michel Vaujour a toujours préféré la fuite à la prison, l'aventure à la soumission, la liberté à la loi. En l'espace de 30 ans, il aura passé 27 ans en prison - dont 17 en cellule d'isolement - et sera parvenu à s'en échapper à cinq reprises avant d'obtenir une libération conditionnelle en 2003. Si cette vie trépidante l'a souvent exposé au pire, elle l'a aussi confronté à un incroyable face-à-face avec lui-même. Avec le temps, cette fuite en avant est devenue une ascension intérieure, une esquisse de philosophie où il lui a fallu vaincre une certaine idée de soi, de la vie et des autres. C'est à ce voyage initiatique que nous convie ce film.
Selon la réalisatrice Fabienne Godet, le thème de la liberation est au coeur du parcours de Michel Vaujour : "Cela commence très tôt : quelle liberté s'octroyer, quand on est issu d'une famille populaire et qu'on refuse de prendre le chemin de soumission qu'a suivi son père ? Puis, pendant les longues années d'incarcération en Quartier de Haute Sécurité (QHS) : comment se libérer mentalement pour résister à l'enfermement physique ? Surtout, au moment où il se rend compte que les choix qu'il a faits l'ont conduit à s'enfermer lui-même : comment se libérer de soi et des valeurs de son " milieu " ? Comment, en d'autres termes, se " déconditionner " pour reprendre la " vie normale d'un être humain ", comme il dit. La grande question de Michel Vaujour, qui me concerne et qui concerne tout le monde, je crois, est donc : comment se libérer ? Mon film décrit un parcours initiatique ; la libération est son fil rouge, et ordonne tous les choix formels que j'ai faits." Elle note par ailleurs : "ce film m'a renvoyé à une multitude de questions qui pourraient se résumer autour de deux interrogations : qu'ai-je fait de ma vie et de ma liberté pendant ces 27 années où Michel a été emprisonné ? Ai-je été à la hauteur de la vie qui m'a été donnée ?"
En partenariat avec l'Association des Cinémas de Recherche et d'Essai en Aquitaine et Midi-Pyrénées (ACREAMP) et l'Association Française du Cinéma d'Art et Essai (AFCAE), la séance du 19 mai à 20h30 sera suivie d'un débat en compagnie de la réalisatrice Fabienne Godet et de Michel Vaujour.
26 mai, 20h30 - Soirée "La Solidarité est-elle un délit ?"
En partenariat avec le Réseau d'Education Sans Frontière (RESF), la projection du film Welcome de Philippe Lioret se prolongera par un débat avec Jean-Claude Pitiot (du MRAP) ainsi que des membres de la Ligue des Droits de l'Homme et de la CIMADE (Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués)
Vous pouvez consulter le dossier de presse du film (comportant des interviews) en cliquant sur le lien ci-dessous :
28 mai, 20h30 - Soirée autour de "Chrigu"
Christian Ziörjen est un jeune homme de 20 ans comme les autres. Bien entouré par ses amis et ses parents, il étudie, il sort, il voyage et a plein de projets pour son avenir. Son insouciance prend fin, du jour au lendemain, lorsqu'il apprend à l'aube de ses 24 ans qu'il est atteint d'un cancer incurable. Condamné, Christian mûrit prématurément. Il ne s'apitoiera jamais sur son sort, trouvera son énergie dans sa réflexion et découvrira une vie qu'il ne soupçonnait pas jusqu'alors.
C'est en ces termes queJan Gassmann, co-réalisateur de ce documentaire, a souhaité rendre hommage à travers Chrigu : chronique d'une vie éclairée à son complice Christian Ziörjen aujourd'hui décédé : "Quatre mois. Beaucoup de mots. Sa vie que nous reprenons depuis le début. Beaucoup ri, peu pleuré - pas assez peut-être - et bientôt, il était mort. Et maintenant, nous faisons un film. Son film. Un puzzle de moments et d'ambiances différentes qui parlent de relations et de façons de concevoir la vie. Un film pour tous ceux qui vivent sans compromis. Les adieux d'un narcisse qui ne voulait pas qu'on oublie son visage."
La soirée du 28 mai est organisée en partenariat avec la Fédération Nationale des Infirmiers et le Réseau Palissy de soins continus et d'accompagnement (Réseau de soins palliatifs départemental). La séance sera suivie d'un débat en présence d'Anne Roche-Dubernet, présidente départementale de la FNI, et de membres du Réseau Palissy.





























