LES MONTREURS D'IMAGES

Programmes du cinéma des Montreurs & Défense de l'Art et Essai

27 octobre 2009

Programme Novembre 2009

Vous pouvez télécharger le programme de Novembre 2009 en cliquant sur la miniature ci-dessous :

Novembre_09

Le Ruban Blanc, Palme d'Or obtenue par Michael Haneke au Festival de Cannes, est programmé en sortie nationale du mercredi 28 octobre au mardi 10 novembre.

L'avis des Montreurs

Ruban

Le Ruban Blanc de Michael Haneke (Allemagne)

Le Festival de Cannes a donc honoré un des plus grands moralistes du cinéma contemporain. Ou, autant le dire à ma façon, un des plus prétentieux donneurs de leçons actuels. Je concède pourtant que la mise en scène du Ruban Blanc est d'une maîtrise parfaite, que les mouvements d'appareil sont d'une impressionnante fluidité, que la photographie en noir et blanc est somptueuse, que les interprètes jouent tous magnifiquement, que certaines séquences sont tout bonnement fabuleuses (le petit enfant et l'oiseau qu'il offre à son père, la découverte du concept de la mort par un autre gamin, l'humiliation de la sage-femme par le docteur...) Dans ce cas-là, habituellement, on tient les ingrédients d'un chef d'oeuvre. Pas pour Haneke, dont le but n'est pas tant de montrer quelque chose que de DEmontrer une thèse quelconque à longueur de films, depuis l'aube de sa carrière. De la même façon que le spectateur reste derrière la porte lorsque le pasteur bat ses enfants, le propos du film tout entier semble "hors champ", dans une note d'intention du réalisateur. A vrai dire, je me demande même ce qu'il a voulu démontrer. Qu'une éducation trop rigoureuse est le parfait terreau du fascisme ou de toute forme de "terrorisme" ? Ah... Toute cette maîtrise pour un propos aussi simpliste ?

D'un simple point de vue scénaristique, je n'ai absolument pas saisi les "ressorts policiers" de l'intrigue : je n'ai pas compris qui diable pouvaient bien être les coupables des incidents qui nous sont présentés et, à vrai dire, je dois avouer que je m'en moque totalement. Si j'en crois les propos recueillis ici et là, il s'agirait des enfants, ceux-là même qui, 20 ans plus tard, adhéreront aux thèses du National Socialisme. Tout ça pour nous enseigner qu'un salopard ne le devient pas une fois adulte mais que l'enfance n'est pas seulement peuplée que de mouflets auréolés ? Un peu réducteur, non ?

Un bon cinéaste est, à mon sens, un artiste qui parvient à persuader le spectateur qu'il sort grandi et plus intelligent de la salle quand il a vu son oeuvre, et non pas un juge qui donne le sentiment au spectateur qu'il est un parfait imbécile, un ignare, voire un coupable comme l'avait fait Haneke dans Funny Games. Qu'il fasse donner des coups de cravache à ses personnages, passe encore, mais à son public, non merci. Et en bon "chevalier blanc", je préfèrerais qu'il aille exposer ses thèses fumeuses dans une tribune du Monde plutôt que de nous infliger un pamphlet (un pensum ?) pareil.

Un élément du film m'a fait tenir sans trop m'énerver : que le contexte, historique, géographique et social du Ruban Blanc soit très proche de celui dans lequel se construit le roman "Les Enfants Jéromine" d'Ernst Wiechert que je viens d'achever, une oeuvre elle aussi extrêmement moralisatrice mais d'une humilité sidérante en comparaison de ce long métrage empli de la vanité et de la morgue de son auteur.

(Roland Kermarec)

Les Animations des Montreurs

Kommunalka

Jeudi 5 novembre, 20h30, Kommunalka

La projection de ce documentaire sera suivie d'une discussion avec sa réalisatrice Françoise Huguier. Le film est présenté dans le cadre de la 10e édition du Mois du Film Documentaire (www.moisdudoc.com). La soirée est organisée à l'occasion de l'inauguration de l'exposition de photos de Françoise Huguier Sur les traces de l'Afrique fantôme qui se tiendra du 5 novembre au 19 décembre pour l'opération Black Africa Mix au 1er étage du Centre Culturel d'Agen.

Kommun

Voici la note d'intention de la réalisatrice pour Kommunalka :

Héritage de l'Union soviétique, les appartements sont aussi une réalité contemporaine. À l'époque de Staline, dans toutes les villes d'URSS, les grands appartements furent réquisitionnés pour y loger le plus grand nombre de gens. Chaque pièce fut alors attribuée à une famille et certains appartements en abritaient jusqu'à dix qui devaient se partager l'unique cuisine, l'unique salle de bain, l'unique toilette. Ce type de logement existe toujours.

90.000 appartements sont encore habités de façon communautaire : c'est le seul moyen économique de loger en ville et d'éviter la vie en banlieue. On y est soit locataire de la municipalité, soit propriétaire. Les locataires vivent chichement dans des semi-taudis, les propriétaires entreprennent des petits travaux. Les pièces communes, elles, appartenant à la ville et meublées à l'origine par l'Etat, se dégradent lentement mais sûrement.

Vivre dans ces appartements, c'est vivre dans une promiscuité constante, c'est partager le quotidien des autres, c'est ne pas avoir de réelle intimité. C'est aussi observer des règles strictes qui ponctuent tous les gestes du quotidien. Ces règles varient d'un appartement à l'autre mais dans tous les cas, l'activité de chacun est régie et surveillée par la communauté. Semblant de démocratie car en réalité c'est la loi du plus fort qui triomphe.

Alka

Alors on s'arrange, on se retranche dans sa chambre, on parle le moins possible à ses voisins, on évite les pièces communes. D'ailleurs, pour éviter les conflits et les confrontations, on n'y trouve ni siège, ni banquette. Un Russe m'a dit un jour : "La vie communautaire est dans notre sang. On a appris dès l'enfance comment faire avec l'amour, avec la haine. L'amour, c'est dans les chiottes ou la salle de bain. La haine, on l'enferme en soi quand un voisin rentre saoul et tabasse sa femme. On a appris à ne pas réagir, à ne pas s'en mêler. En Russie, comme en URSS avant, en cas de conflit, on ne se mêle pas des histoires des autres. »

Ces appartements abritent des gens de toute origine, de toute classe sociale : mélange des genres et échantillonnage de la société russe toute entière dans un même lieu. C'est en 2001, lors d'un premier voyage à Saint-Pétersbourg que j'ai découvert l'appartement communautaire de la rue Sovetskaya et Natacha. Je travaillais alors à un livre de photos sur ces appartements, "Kommunalka" ou "KK " en russe. J'en ai visité et photographié un certain nombre, j'y ai habité aussi.

En 2002, revenue à Saint-Pétersbourg pour terminer mon travail photographique, j'ai retrouvé Natacha, l'appartement de la rue Sovetskaya et ses autres habitants. J’ai vécu cinq mois avec eux et c’est à ce moment-là qu'est né le projet de ce film. J’avais envie de les filmer dans leur intimité, d’en capturer les excès de joie et les moments de désespoir. Ce décor devenant par le temps et sa fonctionnalité cet endroit surréaliste où explosent les contradictions de l’être humain et de la culture russe.


J’ai créé une sorte de dispositif, en traitant les habitants de la « Kommunalka » comme s’il s’agissait d’acteurs non professionnels. Ils improvisent, adaptent et jouent leur propre rôle, se prêtant plus ou moins à mon désir de réalisatrice
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Enfants

Jeudi 12 novembre, 20h - Les Enfants Invisibles

Les Enfants Invisibles est un film composé de sept courts métrages réalisés par de grands réalisateurs (Emir Kusturica, Spike Lee, John Woo, etc.) qui évoquent les destins d'enfants issus des quatre coins du monde. La projection sera suivie d'un débat avec les membres de l'UNICEF et Paulette Préhembaud, secrétaire générale adjointe du comité français UNICEF.

Cette soirée est organisée en partenariat avec l'UNICEF, la Ligue de l'Enseignement, la Ville d'Agen (membre du réseau UNICEF "Ville amie des enfants"), dans le cadre du soixantième anniversaire de la Convention des Droits de l'Enfant.

Posté par RolandK à 21:15 - Programmation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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