LES MONTREURS D'IMAGES

Programmes du cinéma des Montreurs & Défense de l'Art et Essai

20 mars 2009

Conférence - Débat sur le Cinéma à Agen

Vous trouverez ci-dessous des passages de l'annonce d'une conférence - débat consacrée à la place du cinéma dans notre ville d'Agen. Cette conférence, intitulée Quels cinémas pour Agen ? Où ? Quand ? , à l'initiative de l'association Agen-Demain aura lieu le mardi 31 mars à partir de 20h30, salle Picasso à Agen.

Cin__Agen

Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière, aimait à dire Jean Cocteau. Divertissement selon certains, art à part entière selon d'autres, le cinéma peut être parfois également l'enjeu d'une campagne électorale. C'était le cas l'année dernière pour l'élection municipale à Agen.

On se souvient des propositions des uns et des autres : Donnefort d'un côté, Agen Centre de l'autre. Et depuis... Rien ! Le premier projet a été abandonné avec la défaite, le second reporté sine die en dépit de la victoire.

L'association Agen-Demain a souhaité reprendre le débat d'un intérêt culturel majeur pour la ville. La conférence se tiendra en présence de M. Thierry Salvalaio, co-président des Montreurs d'Images, et M. Yann Douady, directeur de Cap'Ciné. Le débat sera animé par M. Patrick Anselmetti, journaliste.

Pour l'association Agen-Demain,

Son Président Laurent Bruneau.

Posté par RolandK à 23:28 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


18 décembre 2008

Points de vue collégiens

Durant le Festival Cinéma & Chanson, des élèves de 4e et 3e du Collège Théophile de Viau ont participé, à l'initiative de leur professeur de musique Isabelle Hervé, à une double sortie Théâtre/Cinéma sur le thème des Beatles. Le 11 novembre, ils ont ainsi assisté à la représentation de Sergeant Pepper's, l'Opéra Rock mis en scène par Gilles Ramade sur les musiques des "Fab' Four" et, le 14 novembre, ils étaient rassemblés dans la salle des Montreurs pour une projection de Across the Universe, film réalisé par Julie Taymore. Cette sortie a donné naissance aux écrits suivants de leur part, témoignages d'un public collégien face à deux spectacles qui ont su inspirer leur sens critique (nous remercions les collégiens et Mme Hervé de nous avoir autorisés à publier ces textes ici) :

Sorties_Beatles

Beatles  Beatles_II

Posté par RolandK à 00:01 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2008

La curiosité n'est pas un vilain défaut !

Olivier Gourmet, notamment acteur fétiche des frères Dardenne et présent ce mois-ci dans deux films proposés par les Montreurs (Sauf le respect que je vous dois  et Home) , a tenu les propos suivants sur le cinéma dans l'émission Eclectik de Rebecca Manzoni du 2 novembre 2008 sur France Inter. Une vision du cinéma que partagent les Montreurs :

« Juste un appel, un appel urgent. C’est que, aujourd’hui, avec tout ce qu’on essaie de nous faire croire, par ce battage incessant médiatique, sur certains films, sur certaines choses, sur les goûts qu’on devrait avoir, les gens manquent de curiosité. Donc, je fais un appel vibrant, dans cette minute de solitude, seul chez moi, un appel vain peut-être, utopique, à ce que les gens soient plus curieux, soient plus solidaires, regardent, se laissent faire, se laissent toucher, émouvoir, par ce qui est proche d’eux ou par ce qui est loin d’eux, et qu’ils soient beaucoup plus curieux. Parce que le cinéma, c’est la vie, ce n’est pas quelque chose de formaté, ce n’est pas quelque chose de caricatural, c’est un outil formidable pour se rencontrer les uns les autres, pour se parler des uns et des autres, pour se comprendre peut-être mieux les uns et les autres, pour gommer les différences, tout en les gardant évidemment, les faire accepter. Voilà, soyez curieux, la curiosité, malgré ce qu’on peut dire, n’est pas un vilain défaut. »

Curiosit_

A noter également que le cinéma des Montreurs n'est pas le seul lieu "espace de curiosité" qui soit actuellement fragilisé. En effet, après 27 ans d'activité à Bordeaux, le cinéma d'Art-et-Essai Jean Vigo est menacé de fermer ses portes de manière définitive le 1er janvier 2009. Vous pourrez trouver des informations complémentaires et signer une pétition en ligne pour apporter votre soutien sur le site du cinéma : http://cinema.jean.vigo.free.fr Continuez à soutenir nos cinémas et... votre curiosité !

Vigo

Posté par RolandK à 13:42 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2008

Pétition en faveur des films de Pierre Etaix

Vous trouverez ci-dessous le texte d'une pétition pour "libérer" les films de Pierre Etaix, prisonniers d'un imbroglio juridique qui empêche leur ressortie depuis plusieurs années malgré le souhait de leur auteur de les voir renaître à l'écran. Inutile de préciser que les Montreurs souhaiteraient proposer les films d'un des grands maîtres du cinéma burlesque à la française avec Jacques Tati.

Depuis plusieurs années, Pierre Etaix, clown-cinéaste, réalisateur de Yoyo et du Soupirant, se bat pour la ressortie de ses films. Soutenons-le. Passionné de cirque, amoureux du cinéma, Pierre Etaix est l’un des derniers dépositaires de la tradition burlesque telle qu’elle s’est construite sous l’impulsion de Buster Keaton puis de Jacques Tati dont il fut l’un des plus proches collaborateurs.

Dans les années 60, Pierre Etaix réalisa cinq longs-métrages, co-écrits avec son ami Jean-Claude Carrière. Ces films obtinrent de nombreuses récompenses, prix Delluc, des prix à Cannes, Berlin, Moscou… Pourtant, aujourd’hui, plus un seul n’est visible. Il s'agit de Rupture (1961), Le Soupirant (1963), Yoyo (1964), Tant qu'on a la santé (1966) et Le Grand Amour (1968).

Jean-Claude Carrière et Pierre Etaix


Rien à voir avec un quelconque désintérêt des diffuseurs ou du public : de nombreuses salles souhaitent projeter le célèbre Yoyo, magnifiquement restauré en 2007 par la Fondation Groupama Gan pour le cinéma. Elles ne le peuvent pas ! Alors pourquoi ? Tout simplement parce qu’un « imbroglio juridique » prive les auteurs de leurs droits et interdit la diffusion de leur œuvre. Cette situation est inacceptable. Elle condamne à l’oubli cinq films qui comptent parmi les plus originaux du cinéma Français.

En France, pays de l’exception culturelle, quel sort réserve-t-on à l’œuvre de Pierre Etaix, ce jeune homme de 79 printemps ? Celui de Buster Keaton aux Etats-Unis : un oubli pur et simple suivi, quelques dizaines d’années plus tard, d’une reconnaissance posthume ? Maigre consolation pour l’un des derniers grands artisans du slapstick*, toujours désireux de partager son amour du cinéma.

L’œuvre de Pierre Etaix appartient au patrimoine du cinéma français. Encore faudrait-il qu’elle soit accessible ! C’est pourquoi, nous, spectateurs, acteurs, réalisateurs, scénaristes, techniciens du cinéma et de la télévision, journalistes, responsables de salles demandons que Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière retrouvent leurs droits et les films leur public.

**Slapstick : type de construction comique basée sur le gag, issue du cirque et du music hall. Le slapstick s’est épanoui durant l’âge d’or du cinéma américain, avec des artistes comme Max Linder, Buster Keaton, Harry Langdon, Harold Lloyd, Charlie Chaplin, W.C. Fields, Laurel et Hardy, les Marx Brothers, etc. Les derniers représentants de cette expression universelle sont : Jacques Tati, Pierre Etaix et Jerry Lewis.

Comme Woody Allen, Françoise Arnoul, Guy Béart, Jacques Bonnafé, Arturo Brachetti, Cabu, Nicole Calfan, Leslie Caron, Eugène et Dolorès Chaplin, CharlElie Couture, Louis Chedid, Yvan Dautin, Claire Denis,  Jérôme Deschamps, Nilda Fernandez, Christophe Malavoy, Gérard Majax, Franck Margerin, Daniel Mesguich, Yolande Moreau, François Morel, Michel Gondry, Gotlib, François Hadji-Lazaro, Bernard Haller, Gérard Jugnot, Mathieu et Peter Kassovitz, Gérard Krawczyk, Gilbert Laffaille, John Landis, Maud Linder, Macha Makeïeff, Albert Marcoeur, Julia Migenes, Eddie Mitchell, Georges Moustaki, Dominique Noguez, Tom Novembre, Nicolas Philibert, Michel Piccoli, Catherine Prévert, Anna Prucnal, Charlotte Rampling, Luis Rego, Claude Rich, Shirley et Dino, Pierre Schoendoerfer, Claire Simon, Bruno Solo, Bernard Stora, Anne Sylvestre, Bertrand Tavernier, Philippe Torreton, Luce Vigo, Jaco Van Dormael, Lambert Wilson ainsi que des centaines d'artistes et de cinéphiles, manifestez vous aussi votre soutien à Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière en signant la pétition en ligne disponible en cliquant sur ce lien :

Pétition de soutien en faveur de la libération des films de Pierre Etaix

Vous pourrez lire l'historique complet de cette affaire tragi-comique en consultant le dossier de presse constitué à cette occasion et agrémenté des coupures de presse qui ont abordé le sujet : http://www.edaguide.fr/etaix/DossierPresseFr.pdf

Si vous avez des questions, ou des messages... Une seule adresse: lesfilmsdetaix@gmail.com

Posté par RolandK à 17:28 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2008

Le Milieu n'est plus un Pont mais une Faille - Rapport sur le Cinéma Français

Doit-on déplorer ou célébrer le triomphe du phénomène de l'année cinématographique, Bienvenue chez les Chtis, à l'heure où il approche les 18 millions de spectateurs, alors qu'il a attiré au Carnot d'Agen 26.000 spectateurs depuis sa sortie, soit l'équivalent en quelques semaines et sur un seul film de la meilleure saison réalisée par les Montreurs ? Il est indéniable que, sur le court terme, le film de Dany Boon va faire du bien à nombre de petits cinémas généralistes et à l'ensemble de la profession. Sur le long terme, il risque par contre de fausser la vision que les élus ont de la situation du cinéma en France, tant au niveau de la production que de l'exploitation. Il pourra en effet paraître difficilement crédible de prétendre que le cinéma français va mal, puisque les chiffres de fréquentation des salles en 2008 seront en hausse et que la part des "films français" va sans doute connaître un coup de booster sans précédent.

C'est dans ce contexte que vient de paraître Le milieu n'est plus un pont mais une faille, un rapport sur la situation du cinéma français rédigé par le "Club des Treize" et qui examine tous les niveaux de création du cinéma, depuis le stade de l'écriture jusqu'à l'exportation des oeuvres françaises en passant par la production, la distribution et, sujet qui nous concerne en premier lieu, l'exploitation des films. Ce rapport est né du constat que les conditions d'existence des films en France (et particulièrement des "films du milieu", autrement dit des films à budget moyen, qui sont souvent ceux défendus par les salles Art-et-Essai) se sont dégradées.

Rapport_Ferran

Le "Club des Treize" s'est progressivement constitué au lendemain de la Cérémonie des Césars 2007 durant laquelle Pascale Ferran, qui venait d'emporter les principaux Césars pour Lady Chatterley, a prononcé un discours qui augurait du présent rapport. Les douze autres personnes qui se sont jointes à la réalisatrice pour dresser cet état des lieux du cinéma français durant un peu plus d'un an sont les réalisateurs Jacques Audiard et Claude Miller, la scénariste Cécile Vargaftig, les producteurs Denis Freyd, Patrick Sobelman, Edouard Weil et Arnaud Louvet , la distributrice Fabienne Vonier, les exploitants Jean-Jacques Ruttner, Stéphane Goudet et Claude-Eric Poiroux, l'exportateur François Yon, qui représentaient donc chacun des maillons de cette longue chaîne cinématographique.

Le Milieu n'est plus une Pont mais une Faille

En cliquant sur le lien ci-dessus, vous pourrez accéder à l'ensemble de ce texte qui a été récemment remis à la Ministre de la Culture. Ce rapport est certes très épais (environ 200 pages) mais il a le grand mérite de balayer l'ensemble des étapes de l'existence des films et, partant, les problèmes qui se posent à chacune de ces étapes, avant de proposer un certain nombre de mesures pour y remédier. Nous ne saurions que vous recommander la lecture de l'intégralité de ce texte, mais si cela vous semble trop fastidieux, vous pouvez vous concentrer sur la partie relative à l'exploitation qui concerne à juste titre notre salle des Montreurs [de la page 126 à la page 159]. Y sont abordés des thèmes qui nous touchent particulièrement, notamment l'attribution d'aides aux salles qui mettent en place un accompagnement important des films ou la question du passage à la projection numérique qui finira bien par se poser et à laquelle l'ensemble des salles du département doit d'ores et déjà être préparé si nous ne voulons pas que nos salles départementales se fassent écraser par de plus larges structures.

Le rapport se conclue par une série de douze propositions. Deux d'entre elles concernent les exploitants, l'une indirectement, l'autre directement. La première d'entre elles est la proposition 8, qui vise à instaurer une "taxe sur les marges arrière" des cinémas, autrement dit sur les recettes que certaines salles, majoritairement les multiplexes, réalisent en particulier grâce aux "confiseries" et qui représentent des sommes colossales (bien supérieures aux recettes réalisées sur les films eux-mêmes). Cette taxe aurait pour finalité d'aider les salles indépendantes à financer leur passage au numérique. D'autre part, la proposition 10 souhaite la "valorisation des meilleures pratiques d'accompagnement des films dans les salles", proposition qui ne pourrait que nous être bénéfique. De nombreux spécialistes s'accordent à dire que, si ces mesures sont incomplètes, elles peuvent par contre être rapidement appliquées pour la plupart et contribueraient à une amélioration rapide du système cinématographique français.

Posté par RolandK à 00:15 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 février 2008

Projets Cinéma des Candidats aux Municipales d'Agen

En cette période électorale, sachant les difficultés que rencontre notre salle des Montreurs d'Images et les interrogations multiples quant à notre avenir, il nous a semblé intéressant et important de demander à chacun des candidats en lice de nous présenter leur "Projet Cinéma" pour Agen en y précisant leur "vision des Montreurs". La presse a pu abondamment commenter et confronter ces projets, mais rassembler dans un même "dossier" des documents de "première main" me paraît essentiel pour nourrir et enrichir le débat actuel. Plus que jamais, nous souhaiterions vous convier à nous donner votre avis en déposant des commentaires à l'issue de cet article (cliquez sur "Commentaire" au bas de l'article, complétez les informations demandées - n'oubliez pas l'adresse mail, qui n'apparaît toutefois pas dans le commentaire lui-même mais se révèle indispensable pour envoyer un avis, puis validez). Merci de participer à cette "consultation".

Vous trouverez ci-dessous "l'argumentaire flash" que nous a transmis M. Jean Dionis du Séjour :

Agen_Meme___Un_multiplexe_en_centre_ville

M. Dionis a souhaité compléter cet argumentaire en y joignant une lettre qu'il nous avait précédemment adressée :

Monsieur le Président,

Nous avons bien reçu votre lettre en date du 7 février et nous vous en remercions. Dans celle-ci, vous nous demandez de préciser quelle serait notre position par rapport à votre association dans le prolongement de notre entretien du 24 Janvier. C’est avec plaisir que nous vous apportons les éclaircissements demandés.

Comme vous avez bien voulu le noter, notre projet municipal prévoit dans son engagement n°88  «de mener une action énergique pour préserver et développer l’offre Art et Essai, à partir de l’expérience réussie des Montreurs d’Images ». Il va de soi, pour notre équipe, que cette offre d’art et d’essai doit être développée de manière indépendante du projet de Cap Ciné et que vous en êtes  les porteurs naturels à Agen, compte-tenu de votre antériorité et de la qualité de votre action en matière de diffusion comme d’éducation à l’image.

Comme vous le savez, nous avons fait le choix politique d’accueillir le multiplex en centre ville. La conduite de ce projet prendra entre 3 et 4 ans et nous tenons à préciser nos engagements vis-à-vis de votre association à la fois dans cette période de transition ainsi qu’en régime permanent, lorsque le multiplex sera construit. Pendant la période de transition, nous nous engageons à la fois au maintien de la subvention à votre association au moins au niveau actuel ainsi qu’à l’amélioration des conditions d’accueil des spectateurs  dans l’actuelle salle Ledru Rolin au plus près possible des normes exigées (fauteuils, réfection des peintures et éventuellement climatisation sous réserve d’une faisabilité raisonnable au niveau technico-économique).

En ce qui concerne l’avenir des Montreurs d’Images lorsque Cap Ciné aura libéré l’immeuble du Carnot, l’engagement de notre équipe est de s’en porter acquéreur au moins en partie afin de créer deux salles de cinéma destinées à l’activité cinématographique des Montreurs d’Images. Cette orientation municipale en ce qui concerne l’acquisition des bâtiments garantira votre indépendance par rapport à M. Dejust et à son entreprise. Elle vous permettra ainsi le développement de votre activité cinématographique, éducative et culturelle de manière autonome et pérenne.

Espérant vous avoir ainsi apporté les précisions que vous demandiez dans votre courrier, nous vous prions, Monsieur le Président d’agréer l’expression de toute notre considération.

Pour la liste Agen-même

Nadège Lauzzana               Jean Dionis du Séjour

La_grande_roue_de_la_politique

Sur le même sujet, voici la position de M. Alain Veyret, Maire d'Agen :

Depuis 2001, la ville d’Agen a toujours soutenu le projet de développement cinématographique art et essai porté par l’association Les Montreurs d’Images. Ce projet s’inscrit en complémentarité de l’offre culturelle municipale et nous avons encouragé les nombreuses animations cinématographiques menées en lien avec les autres acteurs culturels de la ville.

Dans un premier temps, nous avons eu le souci d’obtenir du CNC (Centre National du Cinéma) la prolongation de son accord sur l’homologation de la salle Luigi Comencini et dans un deuxième temps sur le plan financier, la ville a toujours su répondre aux difficultés financières, passagères ou structurelles, de l’association. La convention triennale qui a été présentée à l’approbation du conseil municipal le 14 décembre dernier est l’aboutissement de ce travail qui garantit aujourd’hui une pérennité de financement aux Montreurs d’Images dans l’attente de l’ouverture du futur multiplexe et de l’aménagement de deux salles art et essai. La subvention de fonctionnement est passée de 6 098 € en 2001 à 20 000 € à partir de 2008 en intégrant les deux festivals annuels (mars et novembre).

Dès la vente du CGR Carnot à la société Cap’Ciné dirigée par M. Dejust, la ville d’Agen a souhaité que le nouveau multiplexe prenne en compte dans sa politique cinématographique la présence des Montreurs d’Images en tant qu’opérateur culturel art et essai de qualité et reconnu par un nombreux public. Si la ville s’est attachée à trouver un terrain adapté au futur multiplexe sur son territoire et le plus près possible de son cœur d’animation commercial, elle a imposé à M. Dejust la nécessité de conserver deux salles de cinéma art et essai à l’immeuble Carnot dont il était devenu propriétaire.

Aujourd’hui, l’ensemble de ce dossier est bouclé : la CDEC doit rendre son avis, que nous souhaitons favorable, au plus tard le 7 mai 2008. En parallèle, la ville a fait réaliser par le CNC une étude de faisabilité sur les deux futures salles du Carnot afin d’en connaître le coût d’aménagement et surtout faire valider l’attractivité de ce nouveau projet pour les Montreurs d’Images sur le plan de son insertion dans le paysage urbain et commercial.

Sous réserve de l’avis favorable de la CDEC, il est donc possible de prévoir l’ouverture du futur multiplexe route de Cahors vers fin 2009 et l’ouverture des deux nouvelles salles art et essai au Carnot fin 2010 dont l’échéance coïncide avec  celle de la convention triennale. La ville a également fait réaliser, en collaboration avec les Montreurs d’Images, un compte d’exploitation prévisionnel sur les trois premières années d’exploitation des deux futures salles pour lesquelles la ville a pu préciser vis-à-vis des Montreurs d’Images ses futurs engagements financiers.

Enfin, la ville a prévu d’inscrire dans son PPI à partir de 2008 les crédits nécessaires pour financer les VRD autour du multiplexe et le coût d’aménagement des deux futures salles de cinéma art et essai pour lesquelles nous pourrons obtenir une aide financière du CNC. On peut donc raisonnablement imaginer qu’à partir de 2011 Les Montreurs d’Images auront la garantie de pouvoir continuer à développer leur projet, non plus dans une, mais deux nouvelles salles de 186 et 125 places adaptées aux normes actuelles et pouvant répondre au marché potentiel art et essai estimé à environ 40 000 spectateurs sur le bassin du pays de l’agenais.

D’ici là, nous savons que nous pourrons compter sur les capacités des Montreurs d’Images à continuer de nourrir notre vie culturelle qui dépend étroitement du dynamisme du tissu associatif avec lequel la ville noue de nombreuses relations.

Alain Veyret


Pour terminer, l'argumentaire que nous a communiqué M. Jules Bambaggi :

Depuis de nombreuses années, les Montreurs d'Images ont donné la possibilité aux habitants de l'agglomération agenaise de voir des films peu ou pas diffusés au Carnot, tout en veillant à contenir les prix d'entrée. La complémentarité de la programmation de la salle de Recherche, Arts et Essais par rapport à celle du Carnot est une évidence et nos élus apporteraient tout leur soutien à une équipe qui s'est toujours inscrite dans un projet militant ­‑ outre la programmation cinématrographique de grande qualité, nous tenons à saluer la participation active de votre association à des projets comme « Lycéens et cinéma ».

Toute activité culturelle pose des problèmes de financement : pour ceux qui mettent en oeuvre les projets ‑­  et vous pouvez être assurés que nous veillerions à ce que les montants qui vous sont alloués soient revus à la hausse en fonction du développement de nouveaux projets ­‑ mais aussi pour le public destinataire.

De ce point de vue, l'actuelle flambée des prix des produits de première nécessité jointe à la stagnation des salaires rendent encore plus difficile matériellement l'accès du plus grand nombre aux activités culturelles. C'est la raison pour laquelle notre liste, La Voix des classes populaires, considère que le combat pour l'accès à la culture pour tous est indissociable de celui que nous mettons en avant sur les salaires et l'emploi. Ce qui n'empêche que nous militons aussi pour une politique d’accessibilité  à la culture pour tous, comme, par exemple, la création d’une carte « Pass Agen culture/sport/loisir pour tous » qui permettrait de moduler les prix en fonction des revenus, cela pouvant aller jusqu'à la gratuité dans le cas de situations financières difficiles.

Mais l'accès à la culture n'est pas qu'un problème de « prix d'entrée ». C'est aussi une question de préoccupation. Les soucis matériels liées à l'emploi, à la baisse continue du pouvoir d'achat sont autant d'obstacles aux préoccupations d'ordre culturel, qui nécessitent une certaine disponibilité d'esprit. Le combat que nous menons contre le chômage, pour de meilleurs salaires, une diminution de la charge et du temps de travail devrait donc interpeller tous les acteurs des activités culturelles.

Par ailleurs, la plupart des activités culturelles sont concentrées en centre ville. Et force est de constater que ce n'est ni vers les Montreurs d'Images, ni vers les expositions ou le théâtre que se dirige le plus grand nombre de ceux qui veulent « sortir ». Le combat pour le droit à la culture pour tous nécessiterait donc de véritables équipes militantes qui aient le souci de développer des projets permettant de partir des goûts des publics populaires pour aller vers la découverte d'horizons nouveaux. De telles équipes existent, aussi bien pour la musique que le théâtre ou le cinéma. Donner à ces équipes les moyens de leurs projets, avoir une politique volontariste en matière culturelle, telle devrait être l'attitude de la municipalité. Elus, nous oeuvrerions dans ce sens.

La nature même des critiques du candidat de la droite, Jean Dionis, concernant le projet du maire sortant de création d'un cinéma multiplex à Donnefort est à cet égard significative. Qu'un grand cinéma puisse être construit à proximité de la plus grande cité populaire d'Agen plutôt qu'au centre ville le fait se dresser... montrant par là que Dionis se veut avant tout le représentant des privilégiés.

Cela dit, notre liste n'est pas réellement convaincue par ce projet, non pas du fait du lieu de son implantation prévue, mais parce qu'il fait la part belle aux profits des investisseurs du privé. Autant l'idée de créer un pôle de loisirs à la périphérie de la ville nous paraît bonne, autant nous ne voyons pas pourquoi elle devrait être mise en oeuvre par des promoteurs privés plutôt que pour servir de support à des équipes professionnelles du spectacle ayant montré leur capacité militante en matière de diffusion de la culture en direction des milieux populaires.

Nul ne doit être mis au ban, tout le monde a le droit de se cultiver, de se divertir. Pourquoi ne pas plus aider les Montreurs d’Images afin de permettre des partenariats sur des projections dans tous les quartiers, sur des séances en plein air aux beaux jours, sur le développement de festivals susceptibles de toucher un large public dans les classes populaires ?

Le gouvernement est très largement responsable de la « paupérisation » culturelle en France, le ministère de la Culture préfère diminuer continuellement les subventions aux associations afin de favoriser une pseudo-culture de masse. Nous sommes convaincus que tout est question de rapport de forces. Il faut inverser le sens  des mesures anti-sociales actuelles et obtenir ce qui nous est dû : l’accès à la culture pour tous.

Pour la liste La Voix des classes populaires,

Jules BAMBAGGI et Bruno IMHAUS 

Posté par RolandK à 14:00 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2008

Débat sur l'action culturelle - 22 février 2008

Comme annoncé récemment et dans notre programme de février, Les Montreurs d'Images ont décidé de s'associer à un mouvement d'ampleur nationale pour ne pas projeter de film à la séance de 18h15 en remplaçant cette séance par un Débat sur l'Action Culturelle, suite à un "désengagement de l'Etat" en matière d'action culturelle. Nous vous convions à venir partager votre point de vue en ce vendredi 22 février. Les documents ci-dessous, très complets et synthétiques, vous permettront de "faire le tour" des problèmes qui seront soulevés.

Mobilisation_du_22_fevrier_2008

La mobilisation en place depuis le mois de novembre a semble-t-il permis de sauver quelques crédits mais les chiffres qui nous ont été communiqués démontrent malheureusement qu'il est nécessaire de demeurer vigilants et mobilisés. D'autres éléments d'information sont disponibles sur le site http://cinema-diversite-culturelle-pm.blogspot.com


CENTRE :
Cinéfil – Blois : subvention supprimée (8 000 €) -15% total subventions
Association Cent Soleils Orléans: subvention drac supprimée.
Association Barnabé : suppression de la subvention, arrêt de l’activité
Labomédia: suppression du label ECM (Espace Culture et Multimédia)
Bandits Mages à Bourges : suppression totale de la subvention ECM – 2 postes sont en jeu
Collectif réalisateurs: - 10 000 euros (- 70%)

CENTRE IMAGES :
- 10000 euros sur passeurs d'images soit - 20%
suppression des crédits sur résidences de création - 20 000 euros
suppression crédits de diffusion sur le court métrage, - 15 000 euros.
toujours pas de nouvelles précises sur le devenir du festival de Vendôme. 

Auvergne
Vidéoformes à Clermont-Ferrand : diminution de 25% sur leur ECM – 2 postes ½ en jeu

Rhône-Alpes
ACRIRA (Association des Cinémas de Recherche Indépendants de la Région Alpine)
Passeurs d'images : - 5 000 €

D_bat_action_culturelle


Région PACA
Instants Vidéo - 30% subvention DRAC
Polygone Etoilé, Foto Kiné, Polly, Maggoo, Tilt, Festival Reflets : - 100 % subvention DRAC
Vidéo Chronique : - 30% subvention DRAC
Passeurs d'images (Institut de l’image à Aix) : fonctionnement maintenu, mais plus rien sur les actions

Nord-Pas de Calais
"De la suite dans les images " (asso salles)
Baisse de la subvention DRAC de 1 500 euros

Basse Normandie
MACAO 7ème Art (association des cinémas de la MAnche du Calvados et de l’Orne)
Action culturelle / Mise en réseau : - 10 000 € (- 28 % par rapport à 2007)
Autres associations à proximité:
Générique : - 30% subvention DRAC
Transat vidéo : - 100 % subvention DRAC

Haute-Normandie
Passeurs d'images (Pôle image Hte-Normandie) : suspension du dispositif
Festival européen "Du Grain à démoudre" : - 100 % subvention DRAC

Ile de France
Sur les 5 ateliers artistiques cinéma validés en commission dans le cadre des projets d'éducation artistique et culturelle en milieu scolaire, la DRAC ne financera que les 3 Ateliers Artistiques de collège. Ceux ouverts dans les 2 lycées (Voillaume à Aulnay et Wallon à Aubervilliers) ne seront pas financés du tout. Comme ces lycées espéraient une ouverture d'option cinéma facultative, cet espoir est fort compromis...
Pour les PIE, un seul PIE cinéma recevra des moyens DRAC cette année : il s'agit de celui de Périphérie.
Pas de financements pour les 4 autres.

- 50% financements pour les options facultatives cinéma et audiovisuel

Bourgogne
UDMJC : baisse de la subvention coordination passeur d'image de 20% et suppression totale de la subvention pour les projets cinéma que l'UDMJC montait avec les villes soit une suppression de 32 500 euros

Lorraine
les Yeux de l'Ouie : suppression de la subvention 2008, soit 57% du budget de l'asso – un poste en jeu
Festival Caméra des Champs : subvention de la suppression 2008

Posté par RolandK à 18:28 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 janvier 2008

Débat sur l'action culturelle - Le "désengagement de l'Etat"

Cet article fait suite à celui posté à la mi-décembre sur le site et intitulé "Vers le démantèlement de la diversité culturelle en France ?"

Un appel à la fermeture des cinémas indépendants le 22 février au soir, pendant la cérémonie des César 2008, a été lancé vendredi par des professionnels et des associations pour protester contre un "désengagement de l'Etat" en matière d'action culturelle cinématographique.

Cet appel a été lancé à l'issue d'une assemblée générale à Paris, début janvier, réunissant trois cents personnes, producteurs, réalisateurs, acteurs, enseignants, responsables de festivals, de ciné-clubs et d'associations d'éducation artistique.

Regroupant une cinquantaine de salles, l'Association des cinémas de proximité en Aquitaine est à l'initiative de cette "grève des cinémas" : les cinémas qui souhaitent se joindre au mouvement sont invités à rester fermés le 22 février au soir ou à organiser des débats sur l'action culturelle. Les Montreurs ont donc décidé de se joindre à ce mouvement en organisant un tel débat le 22 février à 18h15.

Le_d_sengagement_de_l_Etat

Selon Antoine Leclerc, délégué général de l'association Carrefour des festivals qui fédère une cinquantaine de manifestations, "des baisses de crédits de l'ordre de 20 % mettraient en péril le déroulement d'un grand nombre de manifestations et d'animations réalisées dans les salles par un important maillage associatif".

Le cinéaste Eric Guirado (réalisateur du "Fils de l'épicier" diffusé aux Montreurs durant le festival Télérama)s'est dit "blessé et insulté" contre "des coups portés notamment aux festivals de cinéma et salles indépendantes, caisses de résonance de nos films".

Olivier Meneux, responsable de l'Association Cinéma et Audiovisuel en Picardie (ACAP), et porte-parole du collectif, a annoncé l'organisation "d'états généraux de l'action culturelle cinématographique".

Les craintes portent sur le sort de 5 millions d'euros de subventions de l'Etat versées chaque année par les DRAC (directions régionales des affaires culturelles) aux associations chargées de l'action culturelle cinématographique, de l'éducation à l'image et de l'organisation de festivals.

Au ministère de la Culture, on assure que les DRAC continueront à subventionner ces associations grâce à la "nouvelle enveloppe budgétaire" de 34,8 M EUR débloquée en décembre.

Venez nombreux débattre aux Montreurs le 22 février prochain !

Posté par RolandK à 16:33 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2008

Renc'Art au Montreuil

Après l'article publié ici en décembre, poursuivons le débat consacré à "l'Affaire Méliès". Pour ceux qui souhaiteraient savoir ce dont il est question, recommandons par exemple cet article signé Didier Péron dans Libération le 24 octobre 2007 :

Libération - Le Georges-Méliès agite la profession

M_li_s

Une pétition circulait à Montreuil depuis septembre. Elle a récemment été mise en ligne et 10000 personnes l'ont déjà signée. Si vous souhaitez participer à ce mouvement de soutien et/ou obtenir davantage de renseignements sur ce dossier, consultez le site du cinéma : http://www.rencartaumelies.fr

Posté par RolandK à 18:43 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 décembre 2007

Lieux de diffusion cinématographique / Argent Public

L’ACRIF (Association des Cinémas de Recherche d’Ile-de-France) a été créée en 1981 par des programmateurs indépendants de salles de cinéma de la région parisienne et regroupe actuellement une cinquantaine d’établissements. Autant de villes, autant de situations spécifiques et une ambition commune : faire connaître des lieux de cinéma qui proposent aux publics un travail singulier et innovant de programmation et d’animation.

Le texte ci-dessous est une contribution à la réflexion sur les rapports entre lieux de diffusion cinématographique et argent public et plus largement entre art et marché.

Communique_de_presse_de_l_ACRIF

Argent_Public

Posté par RolandK à 22:09 - Tribune - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »