27 octobre 2009
Programme Novembre 2009
Vous pouvez télécharger le programme de Novembre 2009 en cliquant sur la miniature ci-dessous :
Le Ruban Blanc, Palme d'Or obtenue par Michael Haneke au Festival de Cannes, est programmé en sortie nationale du mercredi 28 octobre au mardi 10 novembre.
Les Animations des Montreurs
Jeudi 5 novembre, 20h30, Kommunalka
La projection de ce documentaire sera suivie d'une discussion avec sa réalisatrice Françoise Huguier. Le film est présenté dans le cadre de la 10e édition du Mois du Film Documentaire (www.moisdudoc.com). La soirée est organisée à l'occasion de l'inauguration de l'exposition de photos de Françoise Huguier Sur les traces de l'Afrique fantôme qui se tiendra du 5 novembre au 19 décembre pour l'opération Black Africa Mix au 1er étage du Centre Culturel d'Agen.
Voici la note d'intention de la réalisatrice pour Kommunalka :
Héritage de l'Union soviétique, les appartements sont aussi une réalité contemporaine. À l'époque de Staline, dans toutes les villes d'URSS, les grands appartements furent réquisitionnés pour y loger le plus grand nombre de gens. Chaque pièce fut alors attribuée à une famille et certains appartements en abritaient jusqu'à dix qui devaient se partager l'unique cuisine, l'unique salle de bain, l'unique toilette. Ce type de logement existe toujours.
90.000 appartements sont encore habités de façon communautaire : c'est le seul moyen économique de loger en ville et d'éviter la vie en banlieue. On y est soit locataire de la municipalité, soit propriétaire. Les locataires vivent chichement dans des semi-taudis, les propriétaires entreprennent des petits travaux. Les pièces communes, elles, appartenant à la ville et meublées à l'origine par l'Etat, se dégradent lentement mais sûrement.
Vivre dans ces appartements, c'est vivre dans une promiscuité constante, c'est partager le quotidien des autres, c'est ne pas avoir de réelle intimité. C'est aussi observer des règles strictes qui ponctuent tous les gestes du quotidien. Ces règles varient d'un appartement à l'autre mais dans tous les cas, l'activité de chacun est régie et surveillée par la communauté. Semblant de démocratie car en réalité c'est la loi du plus fort qui triomphe.
Alors on s'arrange, on se retranche dans sa chambre, on parle le moins possible à ses voisins, on évite les pièces communes. D'ailleurs, pour éviter les conflits et les confrontations, on n'y trouve ni siège, ni banquette. Un Russe m'a dit un jour : "La vie communautaire est dans notre sang. On a appris dès l'enfance comment faire avec l'amour, avec la haine. L'amour, c'est dans les chiottes ou la salle de bain. La haine, on l'enferme en soi quand un voisin rentre saoul et tabasse sa femme. On a appris à ne pas réagir, à ne pas s'en mêler. En Russie, comme en URSS avant, en cas de conflit, on ne se mêle pas des histoires des autres. »
Ces appartements abritent des gens de toute origine, de toute classe sociale : mélange des genres et échantillonnage de la société russe toute entière dans un même lieu. C'est en 2001, lors d'un premier voyage à Saint-Pétersbourg que j'ai découvert l'appartement communautaire de la rue Sovetskaya et Natacha. Je travaillais alors à un livre de photos sur ces appartements, "Kommunalka" ou "KK " en russe. J'en ai visité et photographié un certain nombre, j'y ai habité aussi.
En 2002, revenue à Saint-Pétersbourg pour terminer mon travail photographique, j'ai retrouvé Natacha, l'appartement de la rue Sovetskaya et ses autres habitants. J’ai vécu cinq mois avec eux et c’est à ce moment-là qu'est né le projet de ce film. J’avais envie de les filmer dans leur intimité, d’en capturer les excès de joie et les moments de désespoir. Ce décor devenant par le temps et sa fonctionnalité cet endroit surréaliste où explosent les contradictions de l’être humain et de la culture russe.
J’ai créé une sorte de dispositif, en traitant les habitants de la « Kommunalka » comme s’il s’agissait d’acteurs non professionnels. Ils improvisent, adaptent et jouent leur propre rôle, se prêtant plus ou moins à mon désir de réalisatrice.
27 septembre 2009
Programme Octobre 2009
Vous pourrez accéder à la programmation du mois d'octobre 09 des Montreurs en cliquant sur la miniature ci-dessous :
Outre les animations prévues ce mois-ci et dont vous trouverez le détail ci-dessous, à signaler notamment la sortie nationale du documentaire Rachel, réalisé par Simone Bitton et qui fait la "Une" de notre programme mensuel.
"Pour des raisons indépendantes de notre volonté" (message classique mais hélas approprié), nous avons été contraint de boucler l'édition et la publication de notre programme en catastrophe à la dernière minute. Nous vous présentons nos excuses pour les diverses coquilles qui l'émaillent (il faudrait même mettre en place un jeu mensuel de relevé des 7 erreurs !). Plus important, toutefois, une erreur d'horaire s'est glissée à l'intérieur du programme : la soirée consacrée à Léger tremblement du paysage aura bien lieu le vendredi 23 octobre à 18h15 comme indiqué sur la grille récapitulative, et non à 21h comme indiqué par erreur sur la fiche du film : Montreursa Culpa :)
Les Animations des Montreurs
Mercredi 30 septembre et Vendredi 2 octobre, 21h - Hommage à Yves Chaland
Yves Chaland (1957-1990) est un scénariste et dessinateur de bande dessinée qui a relancé, dans les années 1980, le style de la "ligne claire" en France, ce langage graphique notamment issu de Hergé. Les Montreurs proposent deux films en liaison avec le monde de la bande dessinée, autour des Rencontres de Nérac qui rendent hommage tous les ans à Yves Chaland, en partenariat avec Ecrans 47.
La séance de Dick Tracy (réalisé par Warren Beatty) du mercredi 30 septembre à 21h se prolongera ainsi par une rencontre avec Ted Benoît et Madeleine Demille (respectivement dessinateur et coloriste des Nouvelles Aventures de Black et Mortimer) et Isabelle Chaland (organisatrice des Rencontres de Nérac).
Le surlendemain, vendredi 2 octobre à 21h, la séance du film Prince Vaillant réalisé par Henry Hathaway sera suivie par une rencontre avec Jean-Pierre Dionnet : scénariste de bande dessinée, producteur et distributeur de films, présentateur de télévision, Dionnet avait décelé le talent d'Yves Chaland en 1978 en le faisant collaborer au magazine Metal Hurlant.
Jeudi 15 octobre, 20h30 - Le Sel de la Mer
La séance de ce film franco-palestinien, réalisé par Annemarie Jacir, sera suivie d'un débat animé par des membres du Comité Palestine 47.
Vendredi 23 et Samedi 24 octobre, Week-end ACID
Le temps d'un week-end et de trois films, les Montreurs vous proposent un "concentré d'ACID". L'ACID, partenaire de cette animation, est l'Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion.
Le vendredi 23 octobre à 18h15 sera diffusé Léger tremblement du paysage, suivi d'une rencontre avec son réalisateur Philippe Fernandez. La projection du film sera précédée de la diffusion du court métrage muet La Caverne - Conte Philosophique, qui sera sonorisé en direct au piano par Philippe Fernandez.
Le samedi 24 à 14h30, la projection du film Je suis de Titov Veles sera suivie d'une rencontre avec des réalisateurs et des membres de l'ACID.
Ce même samedi à 21h sera proposée le film Rachel en sortie nationale. Cette projection sera également suivie d'une rencontre avec des membres de l'ACID. Ce documentaire de Simone Bitton a été sélectionné lors de la 59e édition du Forum de Berlin ainsi qu'au festival Cinéma du Réel.
"Rachel est un film qui touche juste. Sa force vient aussi bien de son sujet emblématique, la mort tragique à Rafah de Rachel Corrie, militante pacifiste solidaire des Palestiniens, que du dispositif narratif déployé par la réalisatrice. Rachel se présente comme une enquête sur les circonstances du décès de la jeune activiste : accident malheureux dans un contexte de guerre ou meurtre à résonance politique sur fond d'occupation et de "nettoyage sécuritaire" ? Le documentaire de Simone Bitton est émouvant, rigoureux et sobre. Emouvant parce que sobrement mis en scène, même si le menu des images et des sons qui nous sont offerts est bien généreux." [Abraham Segal, cinéaste de l'ACID]
L'avis des Montreurs
Public Enemies de Michael Mann (Etats-Unis)
Je n'ai pas été captivé durant les 135' de ce nouveau long métrage de Michael Mann, mais c'est peu de dire que mon attention a par contre été pleinement captée : j'ignore d'où vient cette sensation paradoxale, et c'est ce qui est un peu déstabilisant. L'intrigue n'a en effet strictement rien d'original, à aucun moment de l'histoire de John Dillinger : les braquages, les évasions, la traque, chacun de ces épisodes a été vu cent fois précédemment. Par ailleurs, il devient parfois difficile d'être touché par le traitement romantique de la biographie d'un criminel, même si Mann a su en grande partie éviter cet écueil. Les défouraillages à tout va n'impressionnent plus guère non plus autre chose en moi que mon système auditif. Alors, qu'est-ce ?... Qu'est-ce qui fait aussi, dans la mise en scène de Mann, qu'on est à la fois dans une reconstitution soignée et irréprochable de la période de la Prohibition, qui a d'ailleurs donné tant de bons films (cet autre mystère mériterait qu'on s'y penche un jour) et que, simultanément, le film paraît si moderne, comme contemporain, malgré les costumes, les décors, les accessoires...
A recommander particulièrement : la séquence où Dillinger pénètre à Chicago dans le bureau d'investigation qui lui est consacré, tout bonnement prodigieuse dans la mise en scène, même si historiquement très improbable (à un degré moindre, celle de l'arrestation de Billie Frechette également).
(Roland Kermarec)
Partir de Catherine Corsini (France)
Belle idée que d'avoir traité le sujet d'une "banale histoire d'amour" (expression d'une antithèse absolue ?) en la plaçant non pas, comme souvent, hors du temps, comme suspendue par delà les époques et les lieux, mais en l'insérant fortement dans les contraintes économiques de notre temps. L'Amour en Crise. La Femme d'à Côté (ou quelques autres titres de Truffaut, cités çà et là à travers le choix des musiques composées par George Delerue) revisitée au travers le prisme du réalisme social, quand la lucidité oblige à ouvrir les yeux et à oublier le "vivre d'amour et d'eau fraîche".
Superbe Kristin Scott Thomas, qui incarne avec aisance la passion, le désemparement, l'obstination, la fragilité, l'animalité aussi, le naturel, le courage d'une femme qui fait le choix de partir de d'assumer envers et contre tous la vérité de ses sentiments.
(Roland Kermarec)
Une journée particulière d'Ettore Scola (Italie / 1977)
Un des sommets du cinéma italien des années 70 : Ettore Scola nous fait sentir à travers deux personnages le poids de l'idéologie totalitaire. Pas de reconstitution historique à grand spectacle mais un quasi huis clos dans un immeuble mussolinien déserté par ses habitants qui sont allés acclamer le Duce et le Führer. Une femme, une mamma italienne cantonnée à la cuisine, aux enfants et à la domination du mâle, et un intellectuel homosexuel se retrouvent dans leur marginalisation. L'utilisation du son crée le hors champ totalitaire et nous rend présent le poids de l'idéologie qui envahit la vie et les consciences. Et il y a , bien sûr, deux monstres sacrés, Sophia Loren et Marcello Mastroianni, à contre-emploi. Magistraux ! A voir et à revoir.
(Michèle Pujos)
08 août 2009
Programme Septembre 2009
Vous pouvez télécharger le programme de la rentrée 2009 en cliquant sur la miniature ci-dessous :
L'avis des Montreurs
La fièvre dans le sang /Splendor in the Grass d'Elia Kazan (Etats-Unis / 1962)
Parce qu'ils le disent mieux que moi et qu'ils sont des pros en matière de cinéma américain, quelques citations de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon (50 ans de cinéma américain) :
"A la question "Qu'est-ce que le cinéma ?", on ne peut répondre (à moins d'écrire un volume) que de façon limitative et arbitraire, en citant des noms, des titres, ou mieux un nom, un titre symbolique. Ce nom, pour nous, pourrait bien être Kazan ; ce titre Splendor in the Grass / La fièvre dans le sang...
Les premiers plans de Splendor in the Grass, les paysages de Wild River / La Rivière Sauvage et de America, America, le parc de l'hôpital, la maison familiale de The Arrangement. Tous ces décors, souvent automnaux et mélancoliques, sont filmés avec amour comme pour les protéger de l'oubli, des ravages du temps. Cinéma de la mémoire où le passé revient sans cesse, comme des vagues inlassables, confrontant et jugeant le présent. La dernière scène de Splendor in the Grass est dans cette optique, la plus belle qui soit filmée... On y brasse, en quelques minutes, plusieurs destins, des rêves, des souvenirs : les blessures, les erreurs, les espoirs et les défaillances qui viennent s'écorcher contre la réalité présente. Le sacrifice, le regret se mêlent intimement à la maladresse, à la résignation, à la beauté d'un poème dont on se souvient encore..."
Une autre voix, celle de Jacques Rivette (Cahiers du Cinéma, juin 1962) :
Splendor in the Grass s'attache à décrire ce travail même du temps, cette obscure dégradation et métamorphose qui fait deux étrangers d'un couple d'amoureux, d'une puissant un homme traqué, d'un pays stable un peuple à la dérive, d'une morale établie une morale caduque. L'écroulement, ou la transformation des valeurs, de toutes les valeurs, tel est l'axe d'un film dont les voix diverses s'unissent sous le commun dénominateur de l'idée de crise."
(Michèle Pujos)
03 juillet 2009
Programme Eté 2009
Vous pouvez télécharger le programme estival des Montreurs en cliquant sur la miniature ci-dessous :
27 mai 2009
Programme Juin 2009
Vous pouvez télécharger le programme de juin 2009 en cliquant sur la miniature almodovarienne ci-dessous :
L'avis des Montreurs
L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais (France / 1961)
En 1961, on ne faisait pas la différence entre le cinéma grand public qui projetait Mon curé champion du régiment du cinéaste bordelais Emile Couzinet et l'Art-et-Essai. On allait au Gallia, au Florida voir aussi L'Année dernière à Marienbad. Quand on était collégien, lycéen, on ne sélectionnait pas les films pour jeunes ou vieux... Encore que, précisément, L'Année dernière à Marienbad apparaissait d'une furieuse modernité. Un noir et blanc glacé, pas d'histoire, un texte énigmatique, des personnages figés dans une sorte d'amnésie collective... On restait fascinés, on sortait dubitatifs ou enflammés, mais on se souvient encore des images... C'est resté un film culte.
Alain Resnais était connu pour Nuit et Brouillard et son premier long métrage Hiroshima mon Amour. Il reçut le Lion d'Or de la Mostra de Venise. Il a présenté Les Herbes Folles au Festival de Cannes 2009.
(Michel Pujos)
Trouble in Paradise / Haute Pègre d'Ernst Lubitsch (Etats-Unis / 1932)
Le sommet de ce qu'on a appelé la "Lubitsch Touch", sommet de la comédie sophistiquée dans laquelle désir de richesse et désir sexuel sont dans tous les esprits mais n'apparaissent à l'écran que de manière allusive et ironique.
"Du seul point de vue du style, je pense n'avoir rien fait de meilleur, ou d'aussi bon, que Haute Pègre" écrit Ernst Lubitsch dans une lettre adressée au critique Herman C. Weinberg.
Comment ridiculiser le "Code Hays", établi en 1930 par lé sénateur William Hays, dont la femme déclarera après leur divorce qu'il avait toujours cru que le nombril était le sexe féminin (cf. le Nombril Bar dans Kiss me Stupid de Billy Wilder) ? Une femme allongée sur son lit, un homme se présente à la porte de la chambre, son ombre projetée par la lumière de la pièce d'à côté la recouvre. C'est tout simple. Un bijou amoral. Un régal.
(Michel Pujos)
Les Animations des Montreurs
Vendredi 12 juin, 20h30 - C'est dur d'être aimé par des cons
A l'issue du documentaire C'est dur d'être aimé par des cons, réalisé par Daniel Leconte, qui suit le procès intenté à Philippe Val, patron de Charlie Hebdo, pour avoir reproduit les douze caricatures danoises ayant déclenché la colère des musulmans aux quatre coins du monde, une conférence sera animée par Urbs, dessinateur caricaturiste habitué des Montreurs (il suit le festival Mars Attac depuis plusieurs années, ses dessins peuvent être consultés dans les divers albums photos du site).
Intitulée Tu la sens ma liberté d'expression ?, cette conférence reviendra sur quarante histoires de censures, petit tour non exhaustif de cas malheureusement authentiques issus des mondes de la presse, de l'édition, du cinéma...
Vendredi 19 juin, 20h30 - Soirée Spéciale "Amis des Montreurs d'Images"
Projection / Débat autour du film No Popcorn on the Floor, en partenariat avec l'Association des Amis des Montreurs d'Images et en présence de Ramuntxo Garbisu (ancien directeur du cinéma indépendant l'Atalante à Bayonne et protagoniste du film - sous réserve).
La soirée sera notamment consacrée à la situation des cinémas indépendants en France, un pot sera offert à l'issue des débats. Le documentaire No Popcorn on the Floor, réalisé par Gaël Mocaër, nous plonge pendant un an dans les coulisses du seul cinéma indépendant de Bayonne, l'Atalante. Chronique drôlatique de la vie de cette salle pas ordinaire, qui tente de résister encore et toujours à l'envahisseur...
01 mai 2009
Programme Mai 2009
Vous pouvez consulter le programme de Mai 2009 en cliquant sur la miniature ci-dessous :
A signaler, au sein de cette programmation, la présence d'une "mini rétrospective" consacrée à Hayao Miyazaki à l'occasion de la sortie de son nouveau film Ponyo sur la falaise : les films Kiki la petite sorcière (dont le présentoir vous "observe" depuis quelques années dans le hall des Montreurs) et Le Château Ambulant seront présentés dans la première quinzaine de mai dans la "case" Jeune Public et nous vous recommandons vivement de (re)découvrir ces petites perles du cinéma d'animation !
L'avis des Montreurs
S21 la Machine de Mort Khmère Rouge de Rithy Panh (France / 2004)
Il y a deux films majeurs dans l'histoire du cinéma traitant de camps d'extermination : Nuit et Brouillard d'Alain Resnais et S21, la Machine de Mort Khmère Rouge. Aucun des deux ne montre des images filmées de l'horreur, tous deux filment les lieux des atrocités plusieurs années plus tard, lieux poignants et vides.
L'originalité du film de Rithy Panh est la rencontre, la confrontation entre les anciens bourreaux, toujours impunis au moment du tournage, et les quelques rescapés. Dans Oncle Rithy, le film de Jean-Marie Barbe [présenté aux Montreurs], Rithy Panh explique pourquoi il fallait que la caméra reste hors de la salle vide dans laquelle un ancien bourreau mime les gestes quotidiens de l'horreur. On ne peut contempler ces souvenirs qu'à travers une barrière qui rappelle que ce qui est évoqué est du domaine de l'indicible.
Un chef d'oeuvre !
(Michel Pujos)
Z32 d'Avi Mograbi (Israël)
Le film, entre documentaire et installation, traite à peu près le même sujet que Valse avec Bachir, se concentrant davantage sur le thème de la culpabilité et de la quête du pardon. Le réalisateur, en partant d'une histoire singulière, en actualisant les procédés du théâtre grec, donne au sujet une portée universelle, recoupant toute une série de thèmes : les rapports de soi aux autres, les différences homme-femme, le problème moral du réalisateur lorsqu'il utilise la souffrance pour faire son oeuvre...
Un film très fort. N'hésitez pas à lire, avant la projection, l'interview d'Avi Mograbi qui se trouve sur la fiche-film : sa lecture préalable ne déflore pas le film, à mon avis.
(Michèle Pujos)
24 City de Jia Zhang Ke (Chine)
J'ai vu 24 City en octobre dernier dans un festival, à Auch dans le Gers. Un matin si je me souviens bien. J'ai horreur des projections le matin. Ce n'est pas naturel d'aller au cinéma le matin. Entrer dans une salle de cinéma quand il fait jour, passe encore. Mais un jour déclinant, apaisé, en pente douce, un jour qui contiendrait les promesses de la nuit.
J'étais donc de mauvaise humeur et déterminé à m'endormir si la projection tournait mal. Mais celle-ci, celle de 24 City le samedi 18 octobre à Auch, le matin, était un rêve. Un rêve d'élégance. Elegance des personnages, des paysages industriels autour, des cadrages, des mouvements de caméra, élégance de la pureté des lignes, des éclairages, des gouttes d'eau qui glissent sur une vitre. Elégance des témoignages, sobres et sincères. Elégance d'un procédé aussi, que l'on comprend peu à peu, tout doucement, en gardant profond dans la gorge un point d'incertitude (chez moi, l'incertitude se trouve au fond de la gorge, en remontant un peu). Parce qu'on comprend bien au bout d'un moment que tout est trop parfait pour être pris sur le vif, que cette ouvrière qui parle d'une actrice chinoise de cinéma, c'est bien d'elle-même qu'elle se souvient. D'elle dans la Chine maoiste, mais d'elle-même. La Chine a changé plus vite qu'elle, qui est restée très belle.
Ces personnages, réels ou rêvés, racontent leur vie à Chengdu, de leur vie à l'usine 420 de Chengdu, usine qui disparaît sous nos yeux, le temps du film. Pendant que des Chinois de l'usine 420 de Chengdu nous racontent leur ancienne vie dans la Chine maoiste. Ce film est délicat, subtil et raffiné. C'est un rêve de documentaire.
(Philippe Stellati)
Les Animations des Montreurs
8 mai, 18h15 - Une histoire du tango
En partenariat avec l'association agenaise de tango Tangueando, une démonstration de tango précédera la projection du documentaire de Caroline Neal qui permet de découvrir les artistes prédominants du tango que sont Di Sarli, Troilo, Pugliese, D'Arienzo, Gobbi, Salgan et Piazzolla tout en levant partiellement le voile sur leurs secrets d'interprétation.
9 mai - Cambodge, 30 ans après : le Procès des Khmers Rouges
Les deux projections de 18h15 et 21h du samedi 9 mai seront consacrées au Procès des Khmers Rouges qui se tient actuellement au Cambodge, à Phnom Penh, en partenariat avec Ecrans 47, tout d'abord par la projection du documentaire Cambodge 80, qui sera suivi par un débat avec son réalisateur, Lucas Vernier.
A 21h, nous vous présenterons le documentaire de Rithy Panh S21, la Machine de Mort Khmère Rouge, qu'il a réalisé en 2002. Ce documentaire revient sur la politique d'élimination systématique orchestrée par les Khmers Rouges entre 1975 et 1979, et plus particulièrement sur le S21, principal "bureau de la sécurité" du régime, où 17 000 prisonniers ont été torturés et exécutés. "Ma manière d'assumer ma part de travail de mémoire, c'est de parler et donner la parole aux témoins du génocide, victimes et bourreaux. Je veux croire que chaque témoignage est une petite pierre qui contribue à édifier un rempart contre la menace toujours possible, ici et ailleurs, du retour de la barbarie", explique Rithy Panh pour éclairer sa démarche dans ce film. Cette séance de 21h sera suivie d'un débat avec Raoul Marc Jennar, consultant auprès de l'ONU pour les chambres extraordinaires dans les tribunaux cambodgiens, notamment pour le procès de Douk.
En janvier, les salles d'Ecrans 47 ont présenté en sortie nationale le dernier film de Rithy Panh, Un Barrage contre le Pacifique, en partenariat avec l’Association Marguerite Duras. Plus de neuf cents Lot et Garonnais ont pu ainsi voir l’adaptation du roman de Marguerite Duras. S21 constitue un autre aspect de l’oeuvre du plus grand cinéaste cambodgien. Ce documentaire, outre les Montreurs, sera projeté dans cinq salles du département. Dans le document ci-dessous édité spécialement par Ecrans 47, vous trouverez les horaires des différentes projections organisées, les intervenants concernés par chacune de ces projections, une présentation de Rithy Panh et de son film ainsi qu'une chronologie du Cambodge :
15 mai, 21h - Journée Aquitaine Nature
Le vendredi 15 mai à 21h, les Montreurs s'associent à la Journée Aquitaine Nature - Cinénature en partenariat avec l'Association des Cinémas de Proximité en Aquitaine et Expansial, en programmant le documentaire L'Aquitaine quelques degrés plus tard de Morad Ayt Habouche et Hervé Corbière.
L’Aquitaine est en danger. Dans un peu moins d’un siècle, les températures y auront augmenté de 4 à 6 degrés. Plus que n’importe où en France… Ce phénomène, lourd de conséquences pour l’environnement et l’économie du Sud-Ouest, est déjà en marche. La canicule de 2003 deviendra-t-elle bientôt ici la norme ? Si rien n’est fait, sécheresses et incendies se multiplieront, tempêtes et inondations s’intensifieront.
Morad Aït-Habbouche et Hervé Corbière ont enquêté en Aquitaine afin d’évaluer l’ampleur du problème. Pour cet état des lieux, ils se sont rendus dans le bassin d’Arcachon, dans le vignoble bordelais, au coeur du Pays Basque et dans les Pyrénées. Ils y ont rencontré des personnes qui connaissent bien leur pays ainsi que des spécialistes de l’environnement. Tous ont expliqué les dérèglements qu’ils ont déjà pu constater.
Afin de se pencher sur ces signes alarmants, la séance sera suivie d'un débat avec Jean-Louis Bergey (Délégué régional de l'ADEME), Christelle Pezet (Chargée d'étude à la Frayère d'Alose) & Jean-Louis Molinié (Directeur d'étude à la Frayère d'Alose).
19 mai, 20h30 - Ne me libérez pas, je m'en charge
Ancien braqueur fiché au grand banditisme, Michel Vaujour a toujours préféré la fuite à la prison, l'aventure à la soumission, la liberté à la loi. En l'espace de 30 ans, il aura passé 27 ans en prison - dont 17 en cellule d'isolement - et sera parvenu à s'en échapper à cinq reprises avant d'obtenir une libération conditionnelle en 2003. Si cette vie trépidante l'a souvent exposé au pire, elle l'a aussi confronté à un incroyable face-à-face avec lui-même. Avec le temps, cette fuite en avant est devenue une ascension intérieure, une esquisse de philosophie où il lui a fallu vaincre une certaine idée de soi, de la vie et des autres. C'est à ce voyage initiatique que nous convie ce film.
Selon la réalisatrice Fabienne Godet, le thème de la liberation est au coeur du parcours de Michel Vaujour : "Cela commence très tôt : quelle liberté s'octroyer, quand on est issu d'une famille populaire et qu'on refuse de prendre le chemin de soumission qu'a suivi son père ? Puis, pendant les longues années d'incarcération en Quartier de Haute Sécurité (QHS) : comment se libérer mentalement pour résister à l'enfermement physique ? Surtout, au moment où il se rend compte que les choix qu'il a faits l'ont conduit à s'enfermer lui-même : comment se libérer de soi et des valeurs de son " milieu " ? Comment, en d'autres termes, se " déconditionner " pour reprendre la " vie normale d'un être humain ", comme il dit. La grande question de Michel Vaujour, qui me concerne et qui concerne tout le monde, je crois, est donc : comment se libérer ? Mon film décrit un parcours initiatique ; la libération est son fil rouge, et ordonne tous les choix formels que j'ai faits." Elle note par ailleurs : "ce film m'a renvoyé à une multitude de questions qui pourraient se résumer autour de deux interrogations : qu'ai-je fait de ma vie et de ma liberté pendant ces 27 années où Michel a été emprisonné ? Ai-je été à la hauteur de la vie qui m'a été donnée ?"
En partenariat avec l'Association des Cinémas de Recherche et d'Essai en Aquitaine et Midi-Pyrénées (ACREAMP) et l'Association Française du Cinéma d'Art et Essai (AFCAE), la séance du 19 mai à 20h30 sera suivie d'un débat en compagnie de la réalisatrice Fabienne Godet et de Michel Vaujour.
26 mai, 20h30 - Soirée "La Solidarité est-elle un délit ?"
En partenariat avec le Réseau d'Education Sans Frontière (RESF), la projection du film Welcome de Philippe Lioret se prolongera par un débat avec Jean-Claude Pitiot (du MRAP) ainsi que des membres de la Ligue des Droits de l'Homme et de la CIMADE (Comité Inter Mouvements Auprès Des Evacués)
Vous pouvez consulter le dossier de presse du film (comportant des interviews) en cliquant sur le lien ci-dessous :
28 mai, 20h30 - Soirée autour de "Chrigu"
Christian Ziörjen est un jeune homme de 20 ans comme les autres. Bien entouré par ses amis et ses parents, il étudie, il sort, il voyage et a plein de projets pour son avenir. Son insouciance prend fin, du jour au lendemain, lorsqu'il apprend à l'aube de ses 24 ans qu'il est atteint d'un cancer incurable. Condamné, Christian mûrit prématurément. Il ne s'apitoiera jamais sur son sort, trouvera son énergie dans sa réflexion et découvrira une vie qu'il ne soupçonnait pas jusqu'alors.
C'est en ces termes queJan Gassmann, co-réalisateur de ce documentaire, a souhaité rendre hommage à travers Chrigu : chronique d'une vie éclairée à son complice Christian Ziörjen aujourd'hui décédé : "Quatre mois. Beaucoup de mots. Sa vie que nous reprenons depuis le début. Beaucoup ri, peu pleuré - pas assez peut-être - et bientôt, il était mort. Et maintenant, nous faisons un film. Son film. Un puzzle de moments et d'ambiances différentes qui parlent de relations et de façons de concevoir la vie. Un film pour tous ceux qui vivent sans compromis. Les adieux d'un narcisse qui ne voulait pas qu'on oublie son visage."
La soirée du 28 mai est organisée en partenariat avec la Fédération Nationale des Infirmiers et le Réseau Palissy de soins continus et d'accompagnement (Réseau de soins palliatifs départemental). La séance sera suivie d'un débat en présence d'Anne Roche-Dubernet, présidente départementale de la FNI, et de membres du Réseau Palissy.
26 mars 2009
Programme Avril 2009
Vous pouvez télécharger le programme du mois d'avril 09 en cliquant sur la miniature ci-dessous :
Veuillez nous excuser pour les quelques imperfections de ce programme, dues à l'absence de son concepteur habituel. Les dates de sortie des différents films seront réintégrées dans le prochain programme également, à la demande logique et justifiée des adhérents qui ont remarqué que cela est parfaitement utile pour rechercher les critiques de cinéma dans "son magazine préféré".
A graver sur vos tablettes et vos calendriers : l'Assemblée Générale des Montreurs, qui se tiendra cette année le lundi 6 avril à 20h30, moment phare de notre association pour rencontrer nos adhérents et débattre avec eux de la vie de notre cinéma et, comme depuis quelques années déjà, de la place du cinéma d'Art-et-Essai dans la ville d'Agen !
L'avis des Montreurs
Opera Jawa de Garin Nugroho (Indonésie)
C'est un film somptueux, un film-ballet qui s'inspire d'un texte fondateur de la culture de l'Inde écrit en sanskrit, le "Ramayana", équivalent de 'L'Iliade" et 'L'Odyssée" pour les Grecs et les Latins de notre Antiquité, mais le texte reste très populaire encore aujourd'hui. Hanuman, à la tête de singe, ou Ganesh, à la tête d'éléphant, sont pour les petits Indiens aussi présents que Mickey. Ci-dessous, un résumé de ce livre fondateur :
Le réalisateur a voulu, à partir de ce fond culturel partagé par toute la sphère de la culture indienne, le transposer dans le monde d'aujourd'hui en utilisant le gamelan, musique traditionnelle d'Indonésie. Imaginez Andromaque ou L'Iliade (cf. le film Troie) dansés et chantés sur la plus pure musique baroque...
C'est beau, c'est dépaysant, cela vaut beaucoup mieux que la mondialisation financière...
(Michèle Pujos)
Gran Torino de Clint Eastwood (Etats-Unis)
Ceux qui me connaissent pourraient penser que je perds tout sens critique lorsqu'est venu le temps d'évoquer un film de Clint, à cause de "cette grande histoire d'amour qui dure depuis 25 ans" (mazette !!) Certes, il n'y a plus que lui, "Marlon" ayant disparu, qui suscite ce frisson particulier en moi lorsque son image apparaît pour la première fois à l'écran dans un nouveau film (et quelle image ici, emplie à la fois de dignité, de chagrin et de colère rentrée et contenue), mais je pense quand même conserver un semblant de lucidité pour donner un point de vue critique qui se tienne.
Si je compare "Gran Torino" à "Changelin' / L'Echange ", force est de reconnaître que les deux films ne boxent pas dans la même categorie... et qu'ils sont tout bonnement incomparables. On ne peut guère s'extasier sur la mise en scène (même si elle est léchée et "classique" au sens le plus noble du terme), l'intérêt est ailleurs, dans l'interprétation et/ou le sujet du film : Clint lui-même, tout simplement, puisque le sujet est l'image qu'il véhicule à l'écran depuis des décennies. Les références à ses personnages pleuvent à chaque coin de l'écran et évoquent en premier lieu le Tom Highway issu de "Heartbreak Ridge / Le Maître de Guerre" qui aurait vieilli en conservant son masque de misanthrope et sa xénophobie de façade, mais aussi, de maniere plus profonde sans doute, le William Munny de "Unforgiven / Impitoyable" (jusque dans la défiguration de la jeune Hmong, écho au point de départ de son film de 1992), en passant par Josey Wales (dans sa façon de se recomposer une famille de coeur plutôt que de sang), Red Stovall (de "Honkytonk Man") lorsqu'il se met à cracher lui aussi du sang, ou Dirty Harry par sa réserve inépuisable et hilarante de jurons (un régal que d'apprendre l'argot americain ainsi !) Trois ou quatre décennies de films et de rôles sont ainsi réveillées par ce Walt Kowalski, trois ou quatre décennies des interprétations de Clint qui ont baigné notre enfance et accompagné notre adolescence et notre passage à l'âge adulte... On sent Clint éprouver de la nostalgie envers certaines de ces figures, se montrer parfois plus critique ou plus ironique envers lui-même. On dit souvent que les films sont des documentaires sur les acteurs, celui-ci répond indubitablement à cette définition. Clint aurait indiqué que "Gran Torino" sera son dernier rôle en face de la caméra, j'espère qu'il reviendra sur sa décision en réalisant le projet "Dark Knight" d'un Batman vieillissant sur lequel il avait travaillé il y a quelques années et qui me fait rêver depuis que j'en ai entendu parler.
"Gran Torino" est un grand film de divertissement, extrêmement drole, bourré de dialogues savoureux et de répliques à se passer en boucle, même si le scénario peut manquer de finesse ou de subtilité par moments, mais peu importe. La légèreté disparaît cependant dans les dernières séquences qui m'ont glacé le sang, très surprenantes et inattendues, et qui ne peuvent justement qu'interroger le spectateur sur son rapport avec Clint au cinéma. Allez, une déclaration lyrique pour finir ?... Je t'aime, Clint, continue de m'enchanter, de me faire sourire, de me faire décoller de la réalité et plonger dans tes mondes... Vive Clint !
(Roland Kermarec, qui va irrémédiablement passer pour un Clintmaniaque aux futurs CA des Montreurs !)
Les Animations des Montreurs
1er et 6 avril - Vignemale 2 : l'Epopée Russell
Les Montreurs vous proposent deux soirées en présence du réalisateur René Dreuil et de membres de l'équipe du film (sous réserves), le mercredi 1er avril à 21h et le lundi 6 avril à 18h15. A travers ce long métrage, René Dreuil célèbre le centenaire de la disparition du Comte Henry Russell (1834-1909), figure la plus emblématique du pyrénéisme. Grand voyageur (inspirateur de Jules Verne), grand explorateur des Pyrénées, il s’était pris de passion pour le Vignemale. Ce sommet des Hautes-Pyrénées (3298m, massif frontalier entre Gavarnie et Cauterets) est également exceptionnel.
Vous pouvez trouver des détails et de nombreuses photos sur la production atypique de ce film dans les documents suivants :
Semaine Allemande / Avant Première
Après la semaine latino du mois dernier, les Montreurs d'Images vous proposent, comme tous les ans également, une semaine du cinéma allemand du 2 au 7 avril, en partenariat avec le comité de jumelage Agen / Dinslaken. Occasion de redécouvrir Allemagne, mère blafarde, sorti en 1981 et repris en copie neuve en décembre dernier, le grand succès Outre-Rhin de La Vague, inspiré d'une histoire authentique qui s'est déroulée sur un campus américain, ou l'avant-première du film Jerichow le vendredi 3 avril à 21h.
Quinzaine de la Découverte
Les Montreurs d'Images sont un des très rares cinémas d'Aquitaine à posséder les trois labels Art & Essai, récompensant les efforts faits dans ces domaines particuliers : Jeune Public / Patrimoine et Répertoire / Recherche et Découverte (sur l'ensemble du territoire, seuls 59 cinémas bénéficient actuellement des trois labels).
Le label "Recherche et Découverte" concerne des oeuvres peu diffusées dans les circuits traditionnels, qui nécessitent souvent un accompagnement. Il s'agit de films singuliers, dont on considère qu'ils "innovent" d'une manière ou d'une autre (dans leur scénario, dans leur mise en scène, dans leur montage, etc.) ou qu'ils sont émergents dans une cinématographie peu développée. Ce sont parfois des oeuvres au carrefour du cinéma, de la vidéo numérique et des arts plastiques.
Cette tentative de définition (qui peut être prolongée sur le site du GNCR - Groupement National des Cinémas de Recherche) est fluctuante et parfois floue à nos propres yeux, certains films semblant parfaitement répondre à ces critères sans se voir attribuer le label tandis que d'autres créent parfois une certaine surprise. Quoi qu'il en soit, résumer ces oeuvres avec l'adjectif "films difficiles" serait excessif (citons pour exemple The Host, classé recherche l'an dernier).
Afin de soutenir ces films Recherche et Découverte, de leur offrir une "caisse de résonance" plus importante que d'ordinaire, les Montreurs ont donc décidé de mettre en place une "Quinzaine de la Découverte" du 8 au 21 avril, avec un tarif spécial adhérents de 4 € par film, en vous proposant sept films qui ont emporté notre adhésion parmi la liste des films soutenus par le GNCR (et dont vous pouvez voir ci-dessus les affiches).
Ciné Mémoire - 26 et 27 avril
Abordons un autre aspect du cinéma d'Art & Essai et un petit rappel historique. La création du label "Art & Essai" existe depuis avril 2002, grâce à un décret pris par le Ministère de la Culture. Selon les règles fixées à l'époque et toujours en vigueur actuellement, les cinémas d'Art & Essai sont des salles de spectacles cinématographiques dont les programmes sont composés d'œuvres présentant l'une au moins des caractéristiques suivantes :
œuvres ayant un caractère de recherche ou de nouveautés dans le domaine de la création cinématographique.
œuvres présentant d'incontestables qualités, mais n'ayant pas obtenu l'audience qu'elles méritaient.
œuvres cinématographiques reflétant la vie de pays dont la production cinématographique est assez peu diffusée en France.
œuvres de courte durée tendant à renouveler par leur qualité et leur choix le spectacle cinématographique.
œuvres de reprise présentant un intérêt artistique ou historique, et notamment œuvres considérées comme des classiques.
Ce sont ces dernières qui permettent d'octroyer le label Patrimoine et Répertoire. Vous avez probablement remarqué que les Montreurs s'efforcent de proposer chaque mois, dans la programmation classique ou durant des festivals qui s'y prêtent particulièrement, des films dits "classiques". Il est à noter que, comme pour le classement Recherche et Découverte, ce classement Patrimoine et Répertoire cause parfois quelques surprises quant à sa définition, puisque certains films anciens n'en bénéficient pas tandis que d'autres relativement récents se le voient attribué. Sans compter la myriade de films qui sortent souvent définitivement des circuits commerciaux au bout de dix ans d'exploitation, si un distributeur (souvent spécialisé dans ce créneau) ne vient pas le sortir de ce purgatoire (ce qui nous a souvent empêchés de mettre en place des rétrospectives consacrées à un cinéaste puisque, aussi surprenant que cela puisse paraître, les films de réalisateurs aussi célèbres que Stanley Kubrick ne sont pour la plupart pas détenus par un distributeur et par conséquent invisibles en salles...)
C'est dans ce contexte que nous avons adhéré à l'opération Ciné Mémoire, qui permet de proposer des films anciens en copies neuves. Ainsi, le 26 et 27 avril prochains sera programmé Elle et Lui de Léo McCarey, interprété par Cary Grant et Deborah Kerr. Ce film présente la particularité, outre le fait de constituer une excellente comédie, d'être un des rares remakes de l'histoire du cinéma à avoir été mis en scène par le même réalisateur. En effet, Léo McCarey en avait réalisé une première version en 1938, interprétée par Charles Boyer et Irène Dunne, avant de retourner cette version en 1958. Les deux versions s'intitulent Elle et Lui en français mais portaient deux titres originaux différents : Love Affair (1938) et An Affair to Remember (1957) [A noter que notre programme s'est justement emmêlé les pinceaux entre les deux versions : c'est donc la version de 1957 à laquelle vous pourrez assister, et non celle de... 1933 comme indiqué par erreur.]
22 mars 2009
Programme Mars Attac 09
Téléchargez le programme complet des films et animations du 4e Festival du Film Social Européen de Mars Attac en cliquant sur son affiche ci-dessous:
L'édition 2009 du Festival Mars Attac aura lieu du 27 au 29 mars. Parmi les films et documentaires qui composent cette édition figurent notamment Nos enfants nous accuseront, que nombre d'adhérents nous ont réclamé depuis sa sortie, tout comme le documentaire Herbe (vous trouverez des informations complémentaires sur ce film sur son site : Herbe, ainsi qu'en écoutant sur le net la bonne émission CO2 mon amour diffusée sur France Inter le samedi et consacrée le 27 février en grande partie à ce documentaire). Parallèlement au Festival sera programmé un long métrage qui aurait parfaitement pu intégrer sa programmation : Louise Michel de Kervern et Delépine, interprété par Yoland Moreau.
En prolongement du festival Mars Attac et pour approfondir les causes de la "Crise", les solutions pour en sortir, Débatsanstabou et ATTAC Agen vous invitent le vendredi 3 avril à 20h30 à l'amphithéâtre de la chambre des métiers (AGEN) à la Conférence-Débat avec François Morin, professeur émérite en Sciences Economiques à Toulouse 1. François Morin, parallèlement à son activité universitaire, a occupé des fonctions dans plusieurs organismes officiels :
- membre du conseil de la Banque de France entre 1985 et 1993:
- membre du Conseil d'Analyse Economique (CAE) auprès du premier ministre entre 1997 et 2000 ;
- membre du collège de la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) entre 2000 et 2004.
Dans le Laboratoire qu'il a fondé en 1976 à Toulouse (le LEREPS), il poursuit ses travaux sur la finance globalisée et le capitalisme financier. Il a ouvert un site internet sur la crise financière le 13 janvier 2009 : www.financeglobale.fr
Ci-dessous, le flyer correspondant à cette soirée :
06 mars 2009
Programme Mars 2009
Vous pouvez télécharger ci-dessous le riche programme des Montreurs du mois de mars en cliquant (nouveauté du mois !) sur la miniature ci-dessous :
[Petit clin d'oeil personnel du responsable du site au "marmot de Sandrine" - pour information, une "marmotte" désigne une "malle formée de deux parties qui s'emboîtent l'une dans l'autre" (étymologiquement, peut-être en référence à la "boîte à marmotte" des Savoyards)]
L'album photos des Montreurs d'Images a connu un succès impressionnant, pulvérisant tous les records de fréquentation du site de manière impressionnante. Nous en profitons pour vous rappeler que, si vous souhaitez faire part de vos commentaires à propos de cet album ou d'un autre, à propos d'un autre article de ce site ou d'un film proposé par les Montreurs, vous pouvez aisément le faire en cliquant sur "Commentaires" au bas de chaque article.
A noter que les 22, 23 et 24 mars, durant la semaine latino (cf.détails ci-après), les Montreurs participeront à l'opération Le Printemps du Cinéma, qui vous permettra d'assister à une séance pour 3.50€.
Prévente de places de cinéma
Vous pouvez désormais acheter votre place de cinéma à l'accueil des Montreurs d'Images à partir du mercredi précédant le jour de la séance choisie. En effet, une semaine cinématographique débute le mercredi et se termine le mardi : une prévente ne peut donc se faire qu'à partir du mercredi et pour le mardi suivant au plus tard.
Exemple : pour voir le film Des temps et des vents, le samedi 21 mars à 21h, vous pourrez acheter votre billet d'entrée dès le mercredi 18 mars à l'accueil des Montreurs.
Avantages : vous achetez votre ticket quand vous le souhaitez, et vous êtes sûr de pouvoir entrer dans la salle de projection les soirs d'animation ou de forte affluence.
L'avis des Montreurs
L'Autre de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic (France)
Davantage qu'une simple adaptation du bref récit L'Occupation publié en 2003, L'Autre dialogue avec le roman d'Annie Ernaux, en dépeignant la fragilité d'une femme qui vacille dans un univers passionnel gangréné par une jalousie maladive et obsessionnelle qui gagne peu à peu son quotidien et son rapport au monde, sans malgré tout transformer ce personnage en cas clinique, en cobaye médico-cinématographique.
Le film de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic évolue entre chronique sociale et fantastique à la Maupassant (quand l'inquiétante étrangeté surgit dans le quotidien le plus banal, notamment à travers le thème du double). Les deux réalisateurs ont eu la judicieuse idée de transformer le personnage d'écrivain présent dans le roman en assistante sociale, l'insérant ainsi au coeur de la cité pour mieux souligner le vertige de cette femme rongée de l'intérieur lorsqu'elle se retrouve face à elle-même.
La beauté lumineuse et la paranoia ambiante qui se dégagent des tissus urbains, notamment dans une longue séquence initiale sans paroles proprement sidérante, irriguent l'ensemble de l'intrigue de manière souterraine en accentuant la solitude de l'héroïne. Dominique Blanc, qui, à juste titre, a reçu la Coupe Volpi de la meilleure actrice au dernier Festival de Venise, interprète ce personnage de manière puissante et poignante, tour à tout radieuse puis attirée par le vide, au bord de son précipice intérieur.
(Roland Kermarec)
Barry Lyndon de Stanley Kubrick (Grande-Bretagne / 1975)
Barry Lyndon ou le XVIIIe siècle comme si vous y étiez.
Rarement film aura su recréer avec autant de bonheur et sous tous ses aspects une époque passée. L'oeuvre de Stanley Kubrick est profondément ancrée dans le XVIIIe siècle et plus spécialement le XVIIIe siècle anglais. Rien d'étonnant à ce que l'on retrouve l'influence de ce film dans la nombreuse postérité qu'il a engendrée : des Liaisons Dangereuses de Stephen Frears jusqu'à Ridicule de Patrice Leconte ou Beaumarchais l'insolent d'Edouard Molinaro en passant, bien sûr par le superbe Amadeus de Milos Forman.
Et d'abord, à l'origine de tout cela, il y a l'intérêt de Stanley Kubrick pour un romancier britannique peu lu par Français et pourtant considéré de l'autre côté de la Manche comme l'un des maîtres du roman anglais : William Makepeace Thackeray (1811-1863). Ce dernier vouait une profonde admiration au XVIIIe siècle, à ses écrivains, ses peintres, ses musiciens, son art de vivre. Il suffit de consulter la liste de ses oeuvrespour constater l'importance qu'y occupe cette période, non seulement par les oeuvres de fiction mais aussi par les essais qu'elle lui inspira. C'est effectivement l'influence du roman du XVIIIe siècle que l'on décèle chez Thackeray : c'était le temps des grands romans picaresques, ces récits où le héros va rencontrer au fil de ses pérégrinations toutes sortes de personnages et se trouver ainsi mêlé à d'innombrables aventures. Tel est le cas des héros de Henry Fielding Tom Jones ou Joseph Andrews, beaux garçons sympathiques mais un peu canailles à l'image de Barry Lyndon. A rapprocher de notre Gil Blas de Santillane de Lesage ou même du Candide de Voltaire.
Le film, à l'image du roman d'origine, est intimiment lié au contexte historique, qu'il s'agisse de l'Irlande alors entièrement sous domination britannique, des allusions au règne de George III (1738-1820) et aux grands événements qui marquèrent l'Angleterre de cette époque, la Guerre de Sept Ans (1756-1763) ou la Révolution Américaine (1776-1781). Kubrick recrée habilement l'atmosphère du temps : l'architecture des manoirs avec leurs vastes étendues gazonnées vues à la manière du peintre Constable, les uniformes chamarrés des soldats de ces soit-disant "guerres en dentelle" qui pouvaient se révéler fort sanglantes. Le cinéaste excelle dans les scènes d'intérieur où des marquis poudrés et des belles fardées voient leur maquillage fondre à la chaleur des chandelles, des séquences filmées à l'aide de techniques sophistiquées que d'autres cinéastes reprendront après lui. Il y a quelque chose du peintre satirique Hogarth dans ces visages figés comme derrière des masques, à l'allure de mannequins de cire. Et tout cela au rythme d'une musique d'époque qui nous transporte dans un opéra de Mozart ou un oratorio de Haendel !
Barry Lyndon, c'est donc un spectacle total qui joue sur des registres multiples et va bien au-delà de l'expression cinématographique habituelle.
(Maurice Cottenceau)
Les Animations des Montreurs
Vendredi 6 mars, 21h
Les Enfants de Don Quichotte
En partenariat avec France Libertés 47 et la Ligue de l'Enseignement, dans le cadre des semaines d'éducation contre le racisme et les discriminations, les Montreurs organisent une soirée autour du documentaire Les Enfants de Don Quichotte (acte I) , consacré au mouvement né à la fin 2006. Cette soirée se déroulera en présence de Danielle Mitterrand, Présidente de France Libertés et la projection du documentaire de Ronan Dénécé et Augustin & Jean-Baptiste Legrand se prolongera par un débat avec Pascal Lafargue, Président des Associations Emmaüs de la Gironde, ancien Vice-Président d'Emmaüs France et Administrateur d'Emmaüs International.
La mobilisation de l'association des Enfants de Don Quichotte, qui commença à attirer l'attention des pouvoirs publics et de l'opinion dès octobre 2006, a provoqué en partie le vote de la voie DALO en mars 2007 (acronyme signifiant Droit Au Logement Opposable, c'est une loi qui met le logement au même rang que le droit à l'éducation ou à la santé). C'est le 16 octobre qu'une centaine de tentes ont été installées le long du canal Saint Martin à Paris ; la veille de Noël, l'association rédigea une charte, très vite signée par de nombreuses associations et par les partis politiques ; le 8 janvier 2007, après une semaine de négociations, Jean-Louis Borloo, alors ministre du Logement, de l'Emploi et de la Cohésion Sociale, annonce des mesures de refonte totale du système d'hébergement d'urgence. Près d'un milliard d'euros furent débloqués en urgence, permettant de construire 80000 logements sociaux et 27100 places d'hébergement supplémentaires.
La Loi DALO stipule notamment que "le droit à un logement décent et indépendant est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir". L'application de cette loi est définie selon deux grandes étapes : depuis la fin 2008, le droit au logement opposable concerne les personnes les plus démunies (SDF, femme seule ayant un enfant à charge, ainsi que les revenus les plus modestes) ; la seconde étape, prévue au 1er janvier 2012, précise que le DALO s'étendra à toutes les personnes dont le logement sera jugé insalubre, indigne ou dangereux.
Samedi 7 mars, 15h - Ciné Concert Chang
Ce ciné-concert sera l'occasion pour les enfants (et ceux qui en ont gardé l'âme !) de découvrir un grand film d'aventures, l'un des premiers de l'histoire du cinéma et tourné dans les rudes conditions de la jungle par les réalisateurs de King Kong, Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack.
"Avant de tourner King Kong, c'est au Siam que Cooper et Schoedsack ont posé pendant 14 mois leur caméra dans des conditions difficiles. Une vraie force se dégage de ce film qui a emprunté au documentaire la patience de décrire la vie quotidienne, drôle et inattendue, de la petite famille de Kru dans sa jungle natale et au drame, la posture du pionnier face à la vie sauvage, du tigre face au piège, du chasseur chassé... Chang fait appel au mythe, évoque les plus grands [Rudyard Kipling, auteur du Livre de la Jungle], tout en donnant à voir le lien si familier, universel, qui unit les membres d'une même famille et fait sourire les enfants." [Pierre-Olivier Toulza, Allons z'enfants au cinéma]
La projection de ce classique du cinéma muet réalisé en 1927 sera accompagnée de l'interprétation par Wilfried Thierry, qui a créé une nouvelle bande son pour ce film. Tout l'enjeu était d'imaginer une musique accessible à de "jeunes oreilles" (le film, recommandé à partir de 6 ans, fait partie du dispositif Ciné Mômes). Wilfried Thierry, qui a déjà participé à plusieurs autres ciné-concerts, a adapté son univers à cette contrainte en tâchant de repousser toute mièvrerie :
"Pour Chang, j'ai travaillé à base de sources acoustiques (carillon, percussions), électro-acoustiques (guitare) et électronique (ordinateur) ; le but étant de proposer des thèmes illustratifs allant de mélodies ambiantes à des rythmes déstructurés, en passant de la douceur d'une nappe sonore et de quelques notes de carillon, à des sonorités qui se tordent, rythmées par les percussions".
Un extrait du ciné-concert est visible en cliquant sur le lien suivant :
Semaine du 4 au 10 mars - Court-Métrage Agenais
Avant chaque projection du film L'Autre (qui vient d'ailleurs remplacer Milk, initialement prévu à cette période mais finalement repoussé à début avril), sera programmé le court métrage documentaire Ecrire dit-elle, tourné en 2008 à Montanou et dont vous trouverez tous les détails dans le document ci-dessous :
Jeudi 12 et vendredi 13 mars - La Retirada
Dans le cadre du colloque "La Guerre d'Espagne dans l'Histoire de France", organisé les 7 et 8 mars à Nérac par l'association MER47 (Mémoire de l'Espagne Républicaine), les Montreurs s'associent à la célébration des 70 ans de l'afflux de réfugiés espagnols en France, au même titre que plusieurs lieux culturels de la ville d'Agen (Bibliothèque, Centre Culturel, Musée des Beaux-Arts).
Vous pouvez consulter le programme de l'ensemble des films qui vous sont proposés dans les cinémas du Lot-et-Garonne appartenant au réseau Ecrans 47, dans le cadre de cette commémoration, en téléchargeant les fichiers que notre partenaire www.sortir47.fr a accepté d'héberger sur son site :
Concernant les Montreurs d'Images spécifiquement, le jeudi 12 mars, tout d'abord, le documentaire Le Mur des Oubliés sera diffusé à 18h15 en présence du réalisateur Joseph Gordillo (sous réserves) et de David Llamas, secrétaire départemental de MER 47. La soirée se poursuivra à 21h par la projection du documentaire d'Henri Cartier Bresson datant de 1939, L'Espagne Vivra, suivi d'un débat avec Julien Lauprêtre, président national du Secours Populaire.
Le lendemain, le vendredi 13 mars à 21h, nous enchaînerons le moyen métrage L'Exode d'un Peuple de Louis Llech et Louis Isambert et Fils de rouge, qui sera suivi par un débat avec ses réalisateurs, Dominique Gautier et Jean Ortiz.
Une citation d'Albert Camus : "C'est en Espagne que ma génération a appris que l'on peut avoir raison et être vaincu, que la force peut détruire l'âme et que, parfois, le courage n'obtient pas de récompense. C'est, sans aucun doute, ce qui explique pourquoi tant d'hommes à travers le monde considèrent le drame espagnol comme étant une tragédie personnelle, la dernière grande cause."
Semaine Latino-Américaine
Du 18 au 24 mars, et pour la 10e année (que Michelle Savarieau, notre spécialiste du cinéma hispanique, en soit vivement remerciée !), les Montreurs organisent une semaine du cinéma d'Amérique Latine en partenariat avec l'ARCALT (Association Régionale des Cinémas d'Amérique Latine de Toulouse). Cette année s'articulera autour des projections de Los Bastardos d'Amat Escalante (Mexique), La Terre des Hommes Rouges de Marco Bechis (Brésil), Leonera de Pablo Trapero (Argentine) et Tony Manero (Chili, en présence de son réalisateur, Pablo Larrain, le 19 mars à 20h30)
Samedi 21 mars, 18h et 21h - Soirée Ciné-Paysage
Dans le cadre du 6e Printemps Inattendu, en collaboration avec le CEDP (Centre d'Etudes et de Découverte du Paysage et du Patrimoine, qui fête ses dix ans d'existence - cf leur site spécialement créé pour l'occasion : Les Dix ans du CEDP), nous organisons une soirée Ciné-Paysage décomposée en trois temps.
A 18h, Alain Garel, historien et écrivain de cinéma, enseignant dans la formation des métiers du cinéma et de l'audiovisuel, fidèle aux Montreurs et à nos Festivals depuis quelques années , mènera une leçon de cinéma sur Le Paysage dans le Cinéma.
De 20h à 20h30, entracte gustatif avec une assiette gourmande !
Et à 21h, projection de Des Temps et des Vents, long métrage turc réalisé en 2008 et dont l'action se déroule dans un petit village non loin de la Mer Egée : le film sera suivi d'un débat avec des membres du CEDP et du CAUE47 (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement du Lot-et-Garonne)
Des pass Conférence + Assiette Gourmande + Film seront disponibles au tarif de 15€ pour les non-adhérents et de 12€ pour les abonnés.
Vous pouvez trouver un récapitulatif de cette soirée dans le flyer ci-dessous :
28 janvier 2009
Programme Février 2009
Vous trouverez ci-dessous le programme de février 2009 en téléchargement (profitons-en pour signaler aux visiteurs de ce site qui nous ont indiqué ne pas réussir à ouvrir ces fichiers qu'ils peuvent télécharger gratuitement le logiciel Adobe Reader en cliquant sur le lien suivant : Adobe Reader 9)
Nous vous présentons nos excuses pour les menus désagréments causés récemment par les travaux de rénovation du hall de la salle Luigi Comencini, mais ceux-ci seront sans nul doute aussi frappants que le remplacement de notre antique haute table bancale par un "comptoir d'accueil" flambant neuf... Savourez les clichés avant et après, comme disent les publicitaires ! Et notez qu'à l'instar du hall, le site des Montreurs se pare lui aussi de nouvelles couleurs.
L'avis des Montreurs
Le Chant des Mariées de Karin Albou (France / Tunisie)
Dans son premier long métrage, La Petite Jérusalem (que nous avions programmé aux Montreurs), Karin Albou esquissait déjà quelques thèmes que nous retrouvons ici : l'adolescence, le trouble amoureux féminin, l'amitié, la féminité, les extrêmismes et les dérives religieuses. Dans Le Chant des Mariées, elle reprend certains de ces thèmes et leur donne davantage encore de souffle et de répercussions en les insérant dans un contexte historique intéressant et méconnu : l'occupation du Tunis par les Allemands en novembre 42 et ses conséquences sur les différentes communautés. L'interprétation demeure un des points forts du cinéma de cette jeune réalisatrice.
(Roland Kermarec)
Frankenstein & La Fiancée de Frankenstein de James Whale
ou Comment j'ai appris à aimer le Monstre !
Deux films magnifiques, dans un noir et blanc somptueux influencé par l'expressionnisme.
La Créature de Frankenstein, qui n'a pas demandé à naître, représente l'innocence. Elle trouve qu'une fillette et un nénuphar sont aussi beaux l'un que l'autre. Comme dans Freaks de Tod Browning, les monstres ne sont pas ceux qu'on pense, mais ceux qui jugent qu'il faut éradiquer ce qui apparaît différent. Seul un aveugle sera capable d'entretenir une relation humaine avec la créature.
Courez voir ou revoir ces deux bijoux du cinéma !
(Michel Pujos)
Le Silence avant Bach de Pere Portabella (Allemagne/Espagne)
C'est un film d'une grande intelligence. Un ancien membre du CA a dit "C'est un OVNI, ce film !" Oui, le propos et la forme sont tout à fait originaux, parfois fort déroutants. La musique incarnée dans le travail des interprètes, sans lesquels elle n'existe plus, est au centre de tout. L'image se fait parfois abstraite pour laisser toute la place aux oeuvres ou, au contraire, nous donne à voir la matérialité des instruments, du travail et des corps : elle contourne, superpose, sans jamais faire redondance. Ne vous privez pas de cette soirée !
(Michelle Savarieau)
Les Animations des Montreurs
Dimanche 8 février, 18h15 et 20h30
Soirée Marie-Claude Treilhou
En partenariat avec l'ACID, les Montreurs d'Images ont concocté une soirée intitulée La Musique en Travail, la Musique au Travail autour de la venue de la réalisatrice Marie-Claude Treilhou. Cette soirée spéciale débutera en fait dès 17h45 par une répétition publique (d'une durée de 30') de la chorale Oratorio. La projection à 18h15 du film Les Métamorphoses du Coeur sera suivi par un premier débat avec Marie-Claude Treilhou. Un buffet gourmand sera organisé en entracte entre 20h30 et 21h sur place, suivi à 21h par la projection de Couleur d'orchestre, à l'issue de laquelle Marie-Claude Treilhou débattra également avec les spectateurs, accompagnée cette fois par Christian Pouyanne (Directeur du Conservatoire Départemental d'Agen) et Bernard Janssens (chef du choeur Oratorio).
Des Pass "2 films + 1 repas" seront disponibles, à retirer sur place le jour même, aux tarifs de 15 € pour les non adhérents et de 12 € pour les abonnés. Les tarifs habituels s'appliqueront pour chaque film vu isolément.
Vous trouverez ci-dessous un document détaillant l'ensemble de la soirée ainsi qu'une lettre d'informations :
Flyer_soiree_Marie_Claude_Treilhou
Lettre_Info_Marie_Claude_Treilhou
Vendredi 13 février, 20h30 - Dernière Saison
En partenariat avec l'ACID, nous accueillerons Raphaël Mathié, réalisateur de ce documentaire sur le monde paysan au coeur de l'Aveyron. Pour son premier film, il indique "Travailler seul, au son et à l'image, me paraissait nécessaire pour mieux éprouver la respiration du lieu, sonder la solitude de mon personnage, respecter son intimité. De même m'a semblé évident le dispositif du cadre fixe pour questionner l'immuabilité de son monde, mais aussi pour l'inscrire dans un temps autre, plus archaïque, plus universel, qui est celui du nuage qui passe, de la feuille qui tombe, de l'araignée qui guette sa proie. Au-delà de la fin d'un monde, le film questionne la solitude d'un homme au crépuscule de sa vie, interroge sa fragile et urgente quête de transmission. Le plan fixe délimite un bloc temps dans lequel les choses se meuvent. Le plan fixe transforme le regard et le regard transforme le monde, la poésie s'opère ! Je suis aussi sensible à la peinture et j'aime l'idée de devoir composer dans un cadre."
Vous trouverez ci-dessous le flyer retraçant le contenu de la soirée :
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20 et 22 février - Rétrospective Frankenstein
Le vendredi 20 février à 20h30 et 22h, puis le dimanche 22 février à 15h et 16h30, les Montreurs vous proposent une Rétrospective Frankenstein, durant laquelle vous pourrez découvrir ou redécouvrir (en copies neuves, sorties durant l'été 2008) les deux chefs d'oeuvre réalisés par James Whale en 1931 et 1935, adaptations du roman de Mary Shelley. Un tarif spécial de 4€ le film s'appliquera pour les adhérents -tarifs habituels par ailleurs.
Lundi 2 mars, 20h30 - Le Silence avant Bach
Le Silence de Bach débute au moment où Johan Sebastian Bach s'installe à Leipzig avec sa famille pour occuper le poste de chanteur dans la prestigieuse Ecole de Santo Tomás. La reconnaissance de sa musique n'a pas encore eu lieu, le talent de ses compositions grandira avec le temps et Bach n'atteindra la gloire que dans les siècles futurs. Autour de cet argument, quasi anecdotique, se tisse une trame serrée où cohabitent art, histoire, et surtout, le travail et la discipline que suppose la création musicale. La musique comme élément à part entière du récit. La musique de film est essentiellement constituée d'oeuvres de J.-S. Bach ainsi que de deux sonates de Félix Mendelssohn et d'une étude de Györg Ligeti.
Bernard Janssens, chef du choeur Oratorio, tiendra une conférence sur le thème de la famille de Bach avant la projection du film de Pere Portabella (sorti en novembre dernier).
Vous trouverez des renseignements complémentaires à propos de cette soirée dans le flyer ci-après :









































































































